Les greffiers suspendus par le ministre d’Etat en charge de la justice, Maitre Cheikh Sako, ont saisi un avocat pour attaquer en justice cette mesure qui vise cinq d’entre eux. Très remonté contre cette suspension, maitre Salifou Béavogui se dit engagé à défendre les intérêts des greffiers. Il l’a dit ce jeudi 14 juin 2018, à l’occasion d’une rencontre avec un groupe de médias dont un reporter de Guineeematin.

Maître Salifou Béavogui n’a pas caché son indignation face à la manière dont le dossier des greffiers est traité par les autorités. « Je suis très remonté contre cette suspension. Ces greffiers que vous voyez là, c’est eux qui tiennent les juridictions, ce sont nos collaborateurs directs. Depuis qu’ils sont admis au concours, ils tiennent les services des greffes avec beaucoup de succès et de satisfaction. Ce qui m’attriste, en lieu et place des négociations, on passe à leur suspension. Cela me paraît sincèrement inapproprié », estime-t-il.

Pour maître Béa, « le droit à la grève étant un droit constitutionnel, si ces greffiers demandent l’application d’un décret présidentiel signé depuis 2016, je ne pense pas que c’est le sort là qu’on devrait leur réserver. Je pense que lorsque de professionnels revendiquent leurs droits légitimes, tirés des textes de lois, on doit plutôt leur faire appel au lieu de passer par des intimidations. Ces arrêtés de suspension seront purement et simplement annulés parce qu’ils sont attaqués devant la chambre administrative de la Cour Suprême », a expliqué l’avocat.

Pour rappel, quatre vingt douze (92) greffiers ont signé une pétition appelant à une grève générale et illimitée qui a démarré le vendredi 08 juin dernier. Ils réclament « l’application du statut particulier des greffiers de Guinée que le président de la République a bien voulu signer le 3 août 2016. Un statut dans lequel nous avons des avantages qui sont accordés. Des avantages liés aux primes de fonction, aux primes de transport et de logement, mais surtout les primes d’audience » font partie des revendications.

C’est suite à ce mouvement que les cinq initiateurs de la pétition ont été suspendus par le garde des sceaux. Ce sont : Arafan Diané, Mamadou Dian Baldé, Tamba Ouendeno, Kaba 1 Traoré et Jean Bongono.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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