Peu après l’annonce de la décision l’excluant du SLECG et de l’USTG, Aboubacar Soumah, 2ème secrétaire général adjoint du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée s’est confié à Guineematin.com ce mercredi 10 janvier 2018. Le syndicaliste indique qu’il ne reconnait pas cette décision, il accuse les centrales syndicales CNTG et USTG d’avoir pris de l’argent avec le gouvernement pour l’exclure et annonce une nouvelle grève en février prochain.

La décision qui exclut Aboubacar Soumah et trois de ses proches du SLECG et de l’USTG est claire. Il est interdit désormais aux quatre personnes d’accéder au siège du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée ou encore de parler au nom de la structure syndicale. Mais juste après la publication de cette décision, le leader de la dernière grève des enseignants s’est rendu au siège du SLECG à Donka. C’est là d’ailleurs qu’un reporter de Guineematin.com a rencontré Aboubacar Soumah. C’était une façon pour lui de dire qu’il ne reconnait pas son exclusion. « Je ne suis pas sanctionné par les membres et je ne suis pas exclu non plus par les membres. Ça, c’est des déclarations qui sont nulles et de nul effet. Puisqu’ils ont été élus au congrès le même jour que moi-même. Et au sein du bureau exécutif national du SLECG et au sein du bureau exécutif national de l’USTG. Nous avons été élus dans les mêmes circonstances et dans les mêmes conditions. Donc, ils n’ont pas cette capacité de m’exclure de ces deux organisations-là », a-t-il annoncé.

Selon Aboubacar Soumah, cette décision a été prise pour faire plaisir au gouvernement, qui aurait donné un montant de 100 millions de francs aux centrales CNTG et USTG : « Tous ces agissement c’est parce qu’ils viennent de recevoir 100 millions de francs guinéens de la part du gouvernement, dont 55 millions pour la CNTG et 45 millions pour l’USTG qui ont été remis au SLECG. C’est à cause de ça qu’ils ont pris cette décision. Pour tout simplement que l’Etat dise qu’ils ont fait quelque chose à cause de l’argent-là. Il faut que les enseignants et le monde du travail comprenne que le malheur ce sont les secrétaires généraux de l’éducation et des centrales-là. Aujourd’hui, ils sont en train de prendre l’argent du gouvernement pour aller manipuler les enseignants, pour convaincre les enseignants afin qu’ils acceptent l’inacceptable. Mais, heureusement, aujourd’hui les enseignants ont compris, ils ne sont pas dupes, c’est des intellectuels. Partout où ils sont passés à travers le pays, ils ont été refoulés. Donc c’est pour cela qu’ils ont pris cet acte que je qualifie d’ignoble. Parce que ce ne sont pas des gens qui peuvent prendre des décisions comme ça. Nous sommes tous élus de la même manière, et puis un groupuscule de personne ne peut pas disqualifier tout un monde. C’est de nul et nul effet. C’est pour faire plaire au pouvoir. Mais nous allons démontrer que nous, nous sommes les représentants de la base. Et que si toutefois les revendications que nous avons demandées ne sont pas satisfaites en fin janvier, nous allons déclencher une grève illimitée sur toute l’étendue du territoire national à partir du mois de février 2018 », a assuré le syndicaliste.

Une grève qui ne sera levée que lorsque leurs revendications seront satisfaites, a ajouté monsieur Soumah : « L’Etat nous a volés 40%,il faudrait qu’on nous restitue et de façon intégrale. C’est ce que nous avons demandé. Ils (Les membres du bureau exécutif du SLECG) ont pris une décision pendant la dernière grève en me suspendant, ils sont revenus sur la décision, ils ont pris encore un acte levant la suspension, ils nous ont demandé d’être ensemble. On a signé des pactes, ils ont levé la suspension, on a repris encore ces mêmes revendications qui ont été signées par le secrétaire général de l’USTG, par le secrétaire général de SLECG et par moi-même, que nous avons adressées au gouvernement. Ça ne fait même pas deux semaines encore, que nous avons envoyé une autre correspondance à l’adresse du gouvernement, signée par Sy Savané et moi. Alors, comment se fait-t-il maintenant qu’ils prennent un groupuscule déjà complètement en déphasage puisque le secrétaire général Sy Savané son mandat est terminé. Le mandat du bureau exécutif est terminé depuis le 5 décembre. Tous ceux qui pivotent autour de lui comme ça sont déjà en déphasage, c’est des gens qui sont déjà à la retraite. Ils n’ont aucun profit à gagner dans nos revendications que nous sommes en train de mener ».

Les semaines à venir risquent donc d’être très agitées au sein du secteur éducatif guinéen qui pourrait connaitre une nouvelle crise, deux mois seulement après la grève qui a durement secoué le secteur en novembre-décembre dernier.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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