Comme nous l’annoncions précédemment, la célébration d’un mariage, le dimanche dernier, 06 mai 2018, a entraîné des affrontements sanglants entre maliens et guinéens à Kourémalé, faisant deux morts, 64 blessés et de nombreux dégâts matériels.

En cause, les deux tourtereaux, originaires de la République du Mali, accompagnés d’un long cortège, ont voulu traverser le barrage sans se soumettre au contrôle sécuritaire. Face au refus des agents de les laisser passer, une scène de pagaille a éclaté entre les forces de l’ordre et les amis du jeune couple, aidés des citoyens des deux pays.
Interrogé par l’envoyé spécial de Guineematin.com à Kouremalé, dans la soirée d’hier, mercredi 9 mai 2018, le chef d’escadron Kemo Diané, commandant de la brigade de la gendarmerie territoriale de Kourémalé (Guinée) a expliqué que ce sont les jeunes du Mali qui ont été les premiers à jeter des pierres en direction de la gendarmerie ; ce qui aurait irrité les citoyens guinéens qui auraient alors répliqué.

Guineematin.com a décrypté pour vous les explications du commandant de la gendarmerie de Kourémalé :

Le dimanche 06 mai 2018, dans les environs de 12 heures, un groupe de motards (plus de trois cent) avec des véhicules s’est présenté tout juste à la barrière pour passer. Alors qu’au niveau de chaque barrière, il y a toujours un contrôle. On leur a dit de se soumettre au contrôle, ils ont dit non ; donc, on les a considérés comme un groupe de bandits. On était donc obligé de leur dire de rester calme ; ça a coïncidé au passage d’un véhicule qui quittait le côté guinéen pour aller du côté du Mali. Soudain, les jeunes du côté du Mali ont commencé à caillasser le véhicule, casser les vitres, frapper les motards, jeter des pierres contre la brigade et mettre le feu sur la case. Avec la vivacité de nos hommes, ils ont enlevé une partie de la paille pour ne pas que la brigade soit atteinte par le feu. Quand les jeunes du côté de la Guinée ont vu qu’ils sont en train de caillasser, ils sont venus pour secourir. Ça a trouvé que les cailloux tombaient sur nous comme une pluie, vous pouvez même regarder le toit, c’est percé partout.

Les évènements étaient tel qu’on s’est mis à repousser les guinéens, à leur dire de ne pas répondre, surtout que les autorités locales étaient absentes. C’est après quelque temps que le maire est venu, je lui ai demandé d’aller sensibiliser ses hommes.

Avez-vous fait usage d’armes à feu ?

Non ! On n’a jamais fait usage d’armes. Nous déplorons sincèrement les dégâts qui ont eu lieu là-bas, parce que la plupart des boutiques incendiées appartiennent aux guinéens. Les vulgarisateurs, les restaurants, pour la plupart appartenaient aux guinéens.

Qu’est-ce qui s’est passé après, puisque le calme est revenu à Kourémalé ?

Après, une délégation malienne est venue nous rencontrer pour sensibiliser les deux (2) cotés ; ça a trouvé que nous nous avions déjà entamé une négociation. Après deux heures, ces gens-là ont été reçus dans les locaux de la douane nationale. Après entretien, nous sommes convenus que chacun agisse de son côté pour sensibiliser la jeunesse. C’était entre communauté et communauté : les jeunes de Kourémalé-Guinée et les jeunes de Kourémalé-Mali se sont retrouvés pour aplanir les divergences.

Propos recueillis à Kourémalé par Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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