C’est le lundi prochain, 16 octobre, que les étudiants guinéens reprendront le chemin des universités pour la rentrée universitaire 2017-2018. A cette occasion, un journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre de Daniel Godin, recteur de l’université Kofi Annan de Guinée pour demander comment cet établissement se prépare à accueillir ses anciens étudiants et surtout les nouveaux, puisque l’Etat a décidé de ne pas y orienter cette année.

Décryptage !

Guineematin.com : la rentrée universitaire 2017-2018 est prévue pour le lundi prochain. Comment se prépare votre université ?

Daniel Godin : A priori, tout est prêt. On a fait un premier conseil d’université la semaine dernière pour mettre au point un certain nombre de chose. Nous avons plusieurs réunions dans la journée pour préciser la question de l’affectation des salles, du déroulement de certains enseignements… A partir du jeudi, 12 octobre 2017, nous auront une journée et demie de séminaire, un atelier de rentrée où nous évoqueront le bilan de l’année passée et nous tracerons quelques perspectives de l’année à venir. Les emplois du temps se préparent et je ne vois pas quel est le problème majeur. Il y aura tout de même des petits problèmes comme partout dans la vie ; mais, il n’y a pas de problème majeur.

Guineematin.com : Cette année, l’Etat n’a pas orienté les bacheliers dans les universités privées. Par contre, il y a certains qui ont été orientés dans des filières non souhaitées ou bien qui ont été orientés dans les établissements de l’intérieur du pays où ils hésitent d’aller. Qu’est-ce que Kofi Annan leur propose ?

Daniel Godin : Nous sommes conscients. Nous regrettons la décision qu’à prise l’Etat de ne pas orienter cette année des jeunes bacheliers dans les universités privées ; mais, ce n’est pas une catastrophe ! Nous espérons surmonter cette épreuve, s’il faut le dire ainsi.

Effectivement, nous nous attendons à ce qu’un certain nombre d’étudiants s’inscrivent chez nous à titre privé. Parmi les publics que vous citez, un certain nombre d’étudiants sont orientés dans des filières où ils ne veulent pas aller. D’autres sont orientés dans les établissements de l’intérieur du pays où les familles hésitent à les voir partir. Parmi ce public, il est possible que certains veillent revenir vers la capitale et particulièrement chez nous. Je suis un fonctionnaire dans l’âme. Si vous voulez, j’ai une certaine idée du service public. Un certain nombre de services publics dysfonctionnent du fait qu’il n’y ait pas eu d’investissements nécessaires depuis des années. Il se peut que même parmi les gens orientés dans le public à Conakry, un certain nombre de familles souhaitent inscrire leurs enfants dans les établissements privés, notamment à Kofi Annan qui a une certaine réputation.

Guineematin.com : l’autre inquiétude de ces bacheliers qui pourraient vouloir se faire inscrire dans le privé est la reconnaissance de leur diplôme. Est-ce qu’il n’y aura pas de problème au niveau de l’Etat parce que ce n’est pas lui qui les a orientés dans les universités privées ?

Daniel Godin : Nous essayons d’être stricts. A Kofi Annan, je pense que c’est une des universités où, en matière de diplôme, on est le plus strict. Il y a des sessions d’examen qui sont organisés très sérieusement. Il y a des jurys qui se réunissent pour examiner les choses au maximum. Vous connaissez la réputation et la rigueur dans cette université. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’un certain nombre d’étudiants hésitent à y venir. Ils disent qu’on ne peut pas avoir le diplôme à la belle conquête. On essaye d’avoir un enseignement sérieux mais aussi d’attester par le diplôme que les étudiants porteurs de ces diplômes ont assimilé un certain nombre de connaissance qui les rendent utilisable dans les entreprises ou d’autres organisations…

Il y a le financement par l’Etat d’un certain nombre d’étudiants comme l’année dernière et qui continue à se passer pour les étudiants qui sont en 2ème année et autres. D’autre part, il y a la question des diplômes et de leur reconnaissance. Dès lors que l’Etat a autorisé un certain nombre d’établissements à ouvrir ses portes et à ouvrir certaines filières pour lesquelles nous déposons des dossiers d’accréditation, il n’y a aucun problème. Ce sont deux choses complètement différentes : il y a l’aspect pédagogique et il y a l’aspect financier.

Guineematin.com : vous parlez de l’aspect financier ; et, justement on voudrait savoir combien un étudiant paye à Koffi Annan par an ?

Daniel Godin : C’est très varié. Ça dépend de l’option. Vous avez des programmes qui ne sont pas coûteux et vous avez d’autres qui sont coûteux. Par exemple, dans tous les pays, c’est la même chose, une licence en lettres ne revient pas au même prix qu’un diplôme en ingénieur ou une formation en médecine pour laquelle vous devez avoir des laboratoires et tout un accompagnement. Les barèmes varient selon les filières. Par an, nous avons entre 5 et 15 millions.

Guineematin.com : votre mot de la fin ?

Daniel Godin : Je vous remercie d’être venu nous rencontrer. Nous espérons que cette rentrée se passera bien. Les changements dans le financement auxquels vous faisiez allusion seront peut-être pour nous une occasion de réfléchir, de nous remettre en question. A quelque chose peut-être malheur est bon.

Guineematin.com : merci monsieur de recteur.

Daniel Godin : Je vous en prie.

Entretien réalisé et décrypté par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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