Les Forces Sociales de Guinée ne comptent pas lâcher prise. Les animateurs du mouvement ont réaffirmé leur volonté de continuer le combat engagé depuis la hausse généralisée et impopulaire du prix du carburant. Ils en ont fait le bilan et annoncé les perspectives à l’occasion d’une assemblée organisée ce jeudi, 13 septembre 2018, au siège de la PCUD à Kipé, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

De nombreux acteurs des Forces sociales ont pris part à cette rencontre, présidée par Abdourahmane Sanoh de la PCUD (Plateforme des Citoyens Unis pour le Développement). En prenant la parole, le coordinateur des Forces Sociales de Guinée a fait le bilan des actions menées depuis la hausse du prix carburant jusqu’à nos jours. « Le 02 juillet dernier, nous avons eu une mobilisation spontanée dans cette même salle autour de l’augmentation injuste du prix du carburant. Cette initiative a mené au combat, mais c’était un mouvement spontané. Un mouvement spontané, en général, lorsqu’il est déclenché, il n’a pas la possibilité de s’inscrire dans la durée à cause de la faiblesse naturelle, de son manque d’institutionnalisation. Ce qui crée des problèmes qui peuvent aller sur des questions de leadership et donner lieu à de dérapages, je veux parler des tentatives de corruption et autres ».

Pour Abdourahmane Sanoh, malgré tout, des acquis sont à mettre à l’actif des Forces Sociales de Guinée et qui méritent d’être pérennisés. « La société civile a permis de savoir que les guinéens ne sont pas toujours divisés, ils peuvent s’entendre sur ce qui est essentiel… Donc, on a vu d’un côté, l’espoir qui est suscité par les Forces Sociales, la crédibilité et surtout la sincérité de la majeure partie des acteurs qui étaient mêlés à la démarche. Voilà autant d’acquis ».

Au regard de cet état de fait, il a fallu tirer les leçons, préserver les acquis et chercher à aller de l’avant car les défis se multiplient sans cesse. Selon le président de la PCUD, « on a cru devoir prendre nos responsabilités, pour que la majorité qui était positive dans notre mouvement, soit sauvée. On n’est même pas sorti de cette affaire de carburant, le port a été vendu sur la base du copinage et en violation du code des marchés publics… Nous avons vu comment le problème des 21 millions de dollars US, soit près de 180 milliards de francs guinéens, s’est passé au profit d’un petit groupe pendant que l’Etat continue de dire qu’il n’a pas d’argent. Que dire des huit tonnes d’or disparus de la banque centrale ? »

Ainsi, Abdourahmane Sanoh a estimé que pour toutes ces raisons, « il n’y a pas d’autres solutions que de sauver les Forces Sociales, mais cette fois-ci sur des bases assez claires, qui nous permettent d’éviter les erreurs. C’est la raison pour laquelle on a instauré une charte, un code de bonne conduite, un serment. Avec ça, on s’est dit qu’on va pouvoir continuer le combat sur des bases plus saines, un combat plus que jamais crucial aujourd’hui. On voit déjà ce qui est entrain de se passer à la Cour Constitutionnelle. On est entrain d’affaiblir cette institution pour faciliter la mise en place et la mise en marche de la machine de modification de la Constitution… »

Pour finir, monsieur Sanoh a invité les Forces Sociales de Guinée à resserrer les rangs. « Il faut qu’on renforce les relations de confiance entre nous et les populations, qu’on travaille à continuer à bénéficier de la légitimité que les populations nous donnent ».

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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