Pourrait-on intenter des poursuites judiciaires contre les autorités guinéennes pour non-assistance à peuple en danger ? On a bien l’impression que la nature se déchaîne contre les pauvres populations guinéennes. Et que celles-ci n’ont visiblement pas d’autorités censées veiller sur elles et les protéger de telles situations…

Il y a moins d’un mois, le pont colonial de Linsan cédait sous le poids de l’âge. Et, au lieu de prendre leurs responsabilités, les autorités ont tout de suite mis tout sur le compte de l’incivisme d’un pauvre conducteur de camion qui a perdu à la fois son boulot et fait perdre à son « patron » le gros porteur qui permettait à toute la maisonnée d’avoir de quoi vivre… Remorquer et faire monter le camion n’étaient plus une préoccupation. C’est à se demander même si le propriétaire de la marchandise a pu récupérer quelque chose de cette charge considérée comme étant la base de toutes les misères que subissent depuis les usagers de la route nationale numéro Un (RN1) entre Kindia et Mamou. Une femme en grossesse y a déjà perdu sa vie au niveau des bouchons créés dans ce qui a été appelé la déviation…

Ensuite, c’est le pont (en bois) de Kassonya, qui relie ce district de Coyah au kilomètre 36 qui a « rendu l’âme » ! Et, puisque personne n’y a versé une larme, quelque chose de plus dramatique a été concocté. En lieu et place d’une réparation d’urgence, on laisse les pauvres populations locales (obligés de traverser le bras de mer pour s’acheter la moindre provision) se faire tuer à bord des folles pirogues : cinq corps y ont été repêchés et enterrés hier et aujourd’hui.

Pont sur la route Kérouané-Kankan, située entre 25 et 30 km de Kérouané

Et, la nuit d’hier à aujourd’hui, vendredi 06 juillet 2018, c’est la ville de Kérouané qui est isolée par l’affaissement d’un des ponts qui séparent cette préfecture de Kankan et la crue qui a englouti le Bac sur le fleuve Milo sur la route qui relie le chef-lieu de la préfecture à la commune rurale de Banakoro.

Aujourd’hui, plusieurs dizaines de personnes sont « prisonniers » entre les deux rives et d’autres dans la ville de Kérouané d’où on ne peut sortir pour le moment. Et, vue la « célérité » des travaux menés par les fameux « ingénieurs » des travaux publics au niveau des ponts de Linsan (Kindia) et de Kassonya (Coyah), les usagers de la route qui patientent du côté de Kérouané devraient lever les mains vers le Tout Puissant Allah et prier que la colère du fleuve Milo s’apaise, que l’eau baisse d’intensité pour favoriser la traversée.

A suivre !

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