Après la tenue du second tour de la présidentielle hier dimanche, 12 août 2018, le ministre malien de la Sécurité et de la Protection civile a animé ce lundi sa première conférence de presse. Organisée au siège de son département, au quartier ACEI 2000, cette rencontre avait comme objectif de faire le point de la sécurisation du processus électoral, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Bamako.

Dans son intervention, le Général de division Salif Traoré, ministre malien de la Sécurité et de la Protection a commencé par présenter ses condoléances au peuple malien, suite au décès du président d’un bureau de vote, tué au Nord du Mali. « Dans la région de Tombouctou, nous avons malheureusement relevé que la place publique du village qui abritait deux bureaux de votes, des hommes armés ont pu quand même titrer sur un individu et emporté ses biens ; mais, en même temps, saccager le matériel électoral du bureau. Il reste entendu qu’il y avait un autre bureau à coté qui n’a pas été touché et aucun autre agent électoral n’a été touché. Les enquêtes nous dirons pourquoi lui ! Mais, c’est quand même très déplorable », a-t-il introduit.

Pourtant, le ministre de la Sécurité et de la protection civile estime que la sécurisation du processus électoral s’est passée de manière acceptable. « Nous avions un objectif, faire en sorte qu’il y ait moins d’incidents au second tour plus qu’au premier. Il vous souviendra qu’au premier tour, nous avons déploré la non opérationnalisation de 871 bureaux de vote, essentiellement dans la région de Mopti. La situation ce lundi à 8 heures nous donne un effectif total de 490 bureaux de vote qui n’ont pas pu ouvrir. Malheureusement, c’est la région de Mopti qui arrive encore en tête avec 440 bureaux de votes qui n’ont pas pu ouvrir. Et, sur les 440 bureaux de vote, vous avez au minimum 100 bureaux de vote qui n’ont pas pu ouvrir à cause de l’inaccessibilité. Vous savez, c’est la partie que nous nous décrivons partie inondée. Les autres peuvent s’expliquer par la peur des populations qui n’ont pas accepté qu’on ouvre les bureaux par peur de représailles. Parce qu’ils se disaient une fois que les agents électoraux et nos forces de sécurités vont se retirer, les terroristes ou les bandits armés risquent de venir les chercher. C’est pour cette raison que certains n’ont pas accepté qu’on ouvre les bureaux chez eux. Mais, il y a eu quelques endroits où les bandits sont venus perturber quelques dispositifs en dépit de quelques 6 000 agents que nous avons déployés », a-t-il expliqué, remerciant de passage les partenaires et le département.

Par ailleurs, le Général de division Salif Traoré a dit que le dispositif sécuritaire mis avant pour le vote reste maintenu jusqu’à la fin du processus. C’est-à-dire que jusqu’à la fin du transport des bulletins de vote, des chefs-lieux de la commission vers la commission nationale de centralisation à Bamako.

« Je déplore tout simplement que quand on parle de processus, beaucoup ne s’intéressent qu’aux détails, c’est-à-dire les incidents. Je voudrai quand même que tout le monde note que nous sommes un pays en crise ; et, cela dénote que ça a été un grand défi pour nous. Parce que jusqu’au début, certains pensaient que ces élections ne se feront pas, essentiellement pour des raisons de sécurité. Et, pourtant, on a tenu un premier tour sans très grand dommage et le deuxième tour avec moins de dommage encore. Je pense que c’est ça qui doit retenir l’attention et que nous soyons dans une meilleure dynamique. Pour les élections qui vont venir, nous continuons à réduire les nombres d’incidents. Parce qu’une fois encore, il ne faut pas être dupe, dans la situation actuelle du Mali et dans la sous-région, les groupes armés et les groupes terroristes qui sont-là ne sont pas à sous-estimer, ils feront tout pour nous déranger », a ajouté monsieur le ministre.

De Bamako, Ibrahima Sory Diallo envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00223) 92 57 77 96

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