Cinq agents de police ont été blessés lors des manifestations enregistrées en début de semaine à Conakry. C’est le bilan fourni à Guineematin.com par le porte-parole de la police nationale. Le contrôleur général Boubacar Kassé, précise que parmi ces agents blessés, un a perdu son œil et attend son évacuation à l’étranger pour des soins.

C’est une semaine particulièrement mouvementée, qui s’achève à Conakry. La capitale guinéenne a été le théâtre de manifestations qui l’ont fortement secouée lundi, mardi et mercredi. Ces mouvements ont fait quatre morts, tous des civils qui ont reçu des balles à l’occasion de la manifestation appelée par l’opposition le mercredi 14 mars 2018.

De leur côté, les forces de l’ordre déplorent aussi des dégâts humains dans leurs rangs. Joint au téléphone par Guineematin.com ce samedi 17 mars 2018, le porte-parole de la police nationale a annoncé que 5 policiers ont été blessés dans ces mouvements de protestation. « Selon les informations qu’on a reçues, il y a eu quatre morts suite à la manifestation appelée par l’opposition le mercredi 14 mars 2018. Mais la police n’a pas constaté ces faits. Dans les rangs de la police, on a enregistré 5 blessés. Parmi eux, il y a un agent de la CMIS numéro 1 qui a perdu son œil, on cherche même à l’évacuer », a déclaré le contrôleur général Boubacar Kassé.

Après ces trois jours de mouvements, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une gestion partisane des manifestations de rue par les forces de l’ordre. Car, aucun manifestant n’a été blessé à Kaloum où des gens sont allés protester jusque devant le palais présidentiel (Sékhoutouréyah) sans être inquiétés, alors que des morts par balles sont régulièrement enregistrés sur la route Le Prince à l’occasion des manifestations de l’opposition.

Interrogé par Guineematin.com sur ce sujet, le porte-parole a répondu en ces termes : « Je n’ai rien à dire par rapport à l’état d’âme des citoyens, cela n’engage que ceux qui le disent. Mais nous, on est là dans le cadre du maintien de l’ordre. A Kaloum, il n’y a pas eu de violences, les gens ont simplement réagi par rapport à la fermeture des classes. Ces des enfants et des femmes qui étaient dans la rue, y a pas de violences à Kaloum. Et de l’autre côté, c’est des barricades, c’est des jets de pierres, donc la tension n’est pas la même. Cependant, cela n’est pas une raison quand même que certains de nos compatriotes trouvent la mort. J’ai fait passer un communiqué à la télévision nationale, dans lequel la police a eu à présenter les condoléances aux familles éplorées. C’est que quel que soit ce qui se passe, nous condamnons quand même la violence excessive et les pertes en vies humaines enregistrées », a dit l’officier de police.

Il faut dire toutefois, que contrairement aux déclarations du porte-parole de la police, des barricades ont été effectivement érigées lundi à Kaloum, et des manifestants ont jeté des cailloux contre les forces de l’ordre. C’est d’ailleurs à Coronthie (Kaloum) que l’agent de police qui a perdu son œil a reçu un projectile.

Parlant des manifestations prévues la semaine prochaine par l’opposition républicaine, le contrôleur général Boubacar Kassé indique que des dispositions sont prises pour assurer le maintien de l’ordre, sans donner plus de précisions : « A chaque fois qu’il y a un événement en vue, nous mettons en place un dispositif sécuritaire. Même en situation normale nous mettons en place un dispositif de sécurité pour aller en guerre contre les bandits. Maintenant dans le cadre du maintien et du rétablissement de l’ordre, à chaque fois que nous sommes informés de ce genre d’intentions, nous mettons en place un dispositif renforcé », a-t-il dit.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél.: 628124362

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