Comme nous vous l’annoncions précédemment, dans le cadre des festivités commémoratives du 59ème anniversaire de l’indépendance nationale, prévues le samedi prochain, 13 janvier 2018, à Kankan, Guineematin.com a dépêché un de ses reporters dans la région, en vue de constater le niveau d’avancement des préparatifs de cette fête nationale. Après celui de Siguiri, notre envoyé spécial a été reçu par le préfet de Kouroussa. Avec Souleymane Keita, nous avons parlé de ces festivités, du retard dans l’exécution de certains chantiers et des actions qu’il a entreprises à Kouroussa depuis sa nomination.

Guineematin.com : La ville de Kankan va abriter les festivités du 59ème anniversaire de  notre indépendance le 13 Janvier prochain, on sait que cet événement a été annoncé puis reporté plusieurs fois, mais cette fois c’est vraisemblablement la bonne.  Vous qui êtes préfet de Kouroussa, comment vous avez accueilli cette nouvelle ?

Souleymane Keita : D’abord, on remercie monsieur le président de la République pour avoir initié la fête tournante qui a pris en assaut toute la Guinée. Cette fête a commencé par Boké, maintenant ça se termine en Haute Guinée. La préfecture de Kouroussa dont j’ai le privilège de diriger aujourd’hui, nous avons aussi bénéficié d’infrastructures à cette occasion que nous avons reçues comme des bijoux.

Justement, dites-nous combien de projets la préfecture de Kouroussa a bénéficié et quel est le niveau d’exécution desdits projets ?

La préfecture de Kouroussa a bénéficié de 22 infrastructures. Le niveau d’exécution de ces infrastructures, nous sommes un peu en retard par rapport à l’achèvement de certaines infrastructures. C’est par exemple le logement du secrétaire général chargé des collectivités, la radio rurale aussi qui est arrêtée à mi-chemin, il y’a aussi le bloc administratif qui est en souffrance. Donc, voilà un peu les problèmes que nous avons au niveau des infrastructures dans notre préfecture.

Selon vous qu’est-ce qui explique le retard de l’achèvement des infrastructures, on sait que ce n’est pas un problème particulier de Kouroussa, il y’a également plusieurs chantiers qui n’ont pas été achevés dans les autres préfectures comme Kankan et Siguiri, qu’est-ce qui est à la base de ça ?

Ça dépend de la volonté des entrepreneurs. Ces entrepreneurs ont été choisis à Conakry. Nous, on ne connait pas leurs identités, on ne connait pas leurs cahiers de charge, on les a juste vus faire les choses. Ils sont venus, ils sont partis, on n’avait pas de contrôle sur ce qu’ils faisaient. Moi aussi, j’ai pris le train en marche, là où j’étais (Préfecture de Mandiana), c’était la même chose. Dans toute la Haute Guinée, le cahier de charge des entrepreneurs était méconnu. Je ne sais pas ce qui a conditionné cela, mais vraiment si on avait le contrôle de ceux-ci, le retard-là n’allait pas être fait.

Maintenant quel sera l’apport de Kouroussa dans ces festivités qui sont prévues en fin de semaine ?

Nous on attend très impatiemment l’arrivée du président de la République qui viendra lui-même apprécier  les belles actions qu’il a faites dans la préfecture de Kouroussa. Ça, ce sont ses infrastructures. En même temps, il y’a des choses qui ne sont pas aussi liées à la fête de l’indépendance, ça c’est des bijoux qu’on a reçus, comme une mosquée faite à Kouroussa. Nous allons recevoir monsieur le président de la République qui va inaugurer ces infrastructures.

Vous êtes là depuis quelques mois, on sait que vous vous étiez fortement impliqué dans la résolution de plusieurs crises durant votre passage à Mandiana, qu’est-ce que vous avez posé comme actes majeurs depuis votre arrivée à Kouroussa ?

Je suis venu à Kouroussa aguerri. Vous-mêmes vous savez que quand vous êtes à Mandiana, on n’a des problèmes qui sont à l’interne et d’autres liés aux frontières notamment entre la Guinée et le Mali et aussi entre la Guinée et la Côte d’Ivoire. Entre la Guinée et la Côte d’Ivoire, il y’a moins de problèmes, mais entre la Guinée et le Mali, il y’a 850 kilomètres de frontières à Mandina. Donc avoir géré ça pendant trois ans, tu viens à Kouroussa aguerri. Nous sommes venus affronter aussi les mêmes problèmes ici, la gestion des conflits qui est minime par rapport aux problèmes de Mandiana. Je suis venu à Kouroussa, ça fait quelques 6 à 7 mois, nous sommes en train de nous débrouiller pour trouver la solution aux conflits interminables qui sont liés à la terre, la gestion des mines et autres. Voilà un peu ce que nous avons pu entamer depuis mon arrivée.

Un mot sur la gouvernance du président de la République, le professeur Alpha Condé ?

Ça, c’est connu de tout le monde. Le Président de la République on le sait, était occupé à deux situations que tout le monde connait. D’abord la gestion de la Guinée avec tous ses problèmes et l’Afrique tout entière. Mais je crois qu’à la fin de ce mois-là, il va s’atteler aux problèmes de la Guinée. Celui qui a géré toute l’Afrique pendant une année, quand on lui donne un pays, je crois que c’est la moindre des choses. Ce qui a été fait, on connait, on voit, et on est en train de l’assumer.

 Un dernier mot ?

Ce que je dis aux guinéens, c’est que nous sommes à une phase des élections. La question des élections en Guinée, les gens l’abordent de manière sauvage très souvent. Les guinéens sont tous un et indivisibles. Tu es leader de l’opposition, tu es de la mouvance, chacun concourt à la bonne marche de la Guinée. Celui qui dira que quand moi je vais gagner la Guinée, je vais la bruler, personne ne va te suivre. Chacun veut prendre la Guinée et en faire un bijou. Donc, une élection c’est pour choisir les dirigeants, si ces dirigeants-là sont là, on les compare à ceux qui sont passés préalablement. Donc, je crois que l’animosité n’est pas la solution, c’est de choisir des personnes qui auront la charge de diriger les localités et de façon exemplaire. On ne pourra pas faire tout ce que les gens nous demandent, mais quand on fait son mieux, les gens sont là pour observer et apprécier.

De Kouroussa, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel. : (00224) 621 09 08 18

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