Alors que la grève déclenchée par le SLECG version Aboubacar Soumah continue de paralyser le secteur éducatif guinéen, un enseignant contractuel communautaire a joint la rédaction de Guineematin.com ce lundi 19 février 2018, pour se prononcer sur cette situation. Sâa Sékou Koundouno déplore le fait que la situation des contractuels communautaires n’est pas prise en compte dans les revendications des syndicalistes et appelle Aboubacar Soumah à penser à cette situation qui passe inaperçue.

Depuis le lancement de la grève des enseignants en cours le 12 février dernier, Sâa Sékou Koundouno dit suivre avec attention ce mouvement des enseignants. Contractuel communautaire en service à Doko, une sous-préfecture de la préfecture de Siguiri, l’enseignant dit soutenir absolument la grève des enseignants. Il déplore cependant la non prise en compte de la situation des contractuels communautaires dans les revendications des enseignants, portées par le camp Aboubacar Soumah. Une situation sur laquelle il interpelle d’ailleurs le meneur de la grève en cours.

« Moi, je soutiens beaucoup les grévistes ; mais, je vais les interpeller sur une situation qu’ils semblent ignorer. Le syndicat qui a lancé cette grève oublie le cas des contractuels communautaires qui sont des sortants des ENI et qui sont très nombreux dans les écoles de Siguiri. Moi, je fais partie de ce groupe d’enseignants ; et, nous, nous continuons à donner les cours dans les écoles des sous-préfectures et villages de Siguiri depuis le début de cette grève. Nous donnons cours parce que notre cas n’est pas pris en compte dans les revendications des syndicalistes. Donc, nous souhaitons que le SLECG intègre notre cas dans ses revendications, si cela est fait, nous allons arrêter les cours immédiatement pour observer la grève. Mais actuellement, on ne peut pas arrêter les cours sans que nous ne soyons concernés par la grève. S’ils se basent seulement sur l’augmentation des salaires, et ceux qui ne sont même pas engagés comment eux ils vont faire ? Moi, par exemple, je suis sorti de l’ENI depuis 2018 et je ne suis toujours pas engagé dans la fonction publique, je suis toujours au compte de la communauté. Donc, comme je n’ai pas les contacts des dirigeants du SLECG, j’ai décidé de passer par votre rédaction pour leur adresser ce message. Nous leur demandons vraiment de penser à nous et d’intégrer notre cas dans leurs revendications », a confié au téléphone de Guineematin.com, Sâa Sékou Koundouno.

Contacté par notre rédaction, le syndicaliste Aboubacar Soumah a indiqué qu’il n’est plus possible à l’heure actuelle, d’intégrer une autre revendication dans la plateforme revendicative. Mais, il a rassuré tout de même les contractuels communautaires, qu’il va interpeller le gouvernement sur leur situation, une fois les négociations entamées.

Aboubacar Soumah

« Lorsque nous serons dans les négociations, on va attirer l’attention du gouvernement sur leur cas ; donc, ça sera un détail que nous pourrons évoquer dans les négociations. Comme on ne peut plus les inscrire de façon officielle sur la plateforme revendicative, nous pourrons les régler avec le gouvernement quand nous serons en train de négocier », a indiqué Aboubacar Soumah.

Selon le leader syndical, les négociations n’ont pas encore commencé entre son camp et le gouvernement, mais qu’il est en contact permanent avec le nouveau médiateur de la République, Mohamed Saïd Fofana, en vue de préparer un cadre de négociation.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél.: 628124362

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