Le débrayage qui a affecté les écoles de la capitale guinéenne depuis la semaine dernière se propage petit-à-petit à l’intérieur du pays. Ce mercredi 22 novembre, c’est au tour des élèves de la commune rurale de Koumbia de descendre dans la rue pour réclamer des enseignants en classe.

Selon Charles Pouna Pegaydi, proviseur du lycée de Koumbia, joint au téléphone par Guineematin.com ce mercredi à 11h, « tous les élèves sont dans la rue ». Il explique que ce débrayage serait parti de trois classes du collège et du lycée qui n’avaient pas de professeur.

« Très tôt ça a commencé. Les élèves qui n’avaient pas de professeur sont sortis entrainer les autres dans la rue », a-t-il souligné d’une voix mesurée et apeurée.

« Tout le monde est au dehors et nous craignons pour notre propre sécurité. Nous attendons ce qui va se passer. Cette situation à Koumbia fait craindre des dérapages », prévient M. Pégaïdy qui dit être caché loin des regards des grognards.

Sur l’origine du mouvement, le proviseur se veut prudent. « Je préfère attendre la fin de tout ça pour voir plus clair. Je ne peux pas accuser un enseignant ».

Pourtant, au départ du mouvement, c’est l’absence de certains professeurs. « Certains sont malades et d’autres se sont abstenus de venir », s’est défendu ce chef d’établissement.

S’agissant des accusations de paiement de 150 mille francs par élève et par moi, portées contre les responsables de l’établissement, le proviseur, étonné explique « qu’aucun élève ne paie ce qu’ils ont dit. Chacun verse le montant de dix mille (10 000) francs par mois. Soit en tout 90 mille francs pour les 9 mois de l’année et non 150 mille francs comme vous le dites ».

Même son de cloche chez le délégué scolaire de Koumbia, Abdoulaye Diakhaby, qui a expliqué à Guineematin.com que « ça ne va pas du tout ici. Les élèves du collège sont sortis, entrainant les autres dans leur passage. Ils ont saccagé les nouvelles classes construites à l’école primaire de Dara Bowé et s’attaqué à un enseignant communautaire, qui s’est sauvé de justesse ». Même nous même, nous sommes en fuite, a reconnu ce responsable de l’éducation. « Rien ne va actuellement. Je suis caché en lieu sûr », souligne le délégué scolaire.

S’il reconnait un manque d’enseignant dans les classes, il pense que c’est l’effet contagieux qui a poussé les enfants dans la rue. « A Gaoual, ils étaient dehors hier, alors que tout allait bien ici jusqu’à ce matin ».

Si hier mardi, les enseignants étaient dans les classes, ce mercredi, presque tous étaient absents ce matin, reconnaît le délégué scolaire.

Sur les dispositions prises pour revenir à la normale, M. Diakhaby compte rencontrer les autorités à tous les niveaux pour calmer les enfants « mais ils sont tous dans la rue et personne n’ose les approcher », insiste-t-il.

Le lycée-collège de Koumbia compte cinq professeurs contractuels qui enseignent la philosophie, l’histoire, les mathématiques, la physique, la chimie, …D’où le besoin urgent de renforcer les effectifs par des enseignants titulaires au risque d’avoir d’aligner de mauvais résultats comme l’année dernière où le collège n’a obtenu que 8 admis des 68 candidats au brevet.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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