On s’achemine peut-être vers une nouvelle et énième crise politique en Guinée. Crise liée encore une fois au contrôle des mairies du pays. L’opposition républicaine dénonce en effet, les conditions dans lesquelles certains exécutifs communaux déjà installés ont été élus et exige la reprise de ces élections. Les opposants l’ont fait savoir à l’issue d’une plénière qui les a réunis ce mercredi, 10 octobre 2018 à Conakry, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Au sortir de la rencontre, c’est Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition, qui a fait le compte rendu à la presse. Il a indiqué que ses pairs et lui ont déploré la manière dont les conseils communaux sont en train d’être mis en place. « Vous le savez, beaucoup de partis politiques, beaucoup de listes indépendantes ont participé à ces élections locales.

De notre avis, ils avaient droit à l’information : quand est-ce qu’on installe les exécutifs dans les communes où ils avaient pris part à ces élections. Mais, on n’avait pas d’informations, le ministère de l’administration du territoire avait juste diffusé un communiqué en disant que c’est à partir du 05 octobre.

Dimanche dernier, on a appris par la presse que cette installation était suspendue et que les superviseurs étaient rappelés à Conakry. Mais au même moment, hier et avant-hier, on apprend que les installations continuent dans beaucoup de communes rurales et urbaines. Ce qui était plus grave, c’est que souvent c’est en violation des dispositions de la loi et des accords politiques.

Nous avons enregistré une violence inouïe contre les élus et les responsables du Bloc Libéral à Guéasso. On a bastonné ces responsables du BL, on a même sectionné les oreilles des gens, calciné le domicile du représentant du parti. Ce qui est plus grave, c’était devant le sous-préfet, devant la gendarmerie, devant la police, personne n’a réagi pour empêcher la commission de ces crimes », a fustigé le président de l’UFDG.

Les opposants dénoncent aussi un refus catégorique des autorités guinéennes de respecter l’accord politique du 08 août 2018 qui avait permis de résoudre la crise liée au contentieux électoral. « Aujourd’hui, le pouvoir n’a aucune volonté de respecter et de faire respecter cet accord politique du 08 août. L’opposition républicaine dénonce énergiquement cette violation de la loi et des accords et décide de rejeter tous les exécutifs installés en violation de la loi et de l’accord politique du 08 août. Elle exige la reprise, dans les conditions prévues par la loi et dans les accords, des élections dans les communes concernées.

Exige du ministère de l’administration du territoire, la publication d’un calendrier précisant les dates d’installation des exécutifs dans les autres communes (…). Nous avons décidé, pour protester contre toutes ces anomalies, d’organiser une ville morte pour interpeller le gouvernement et les autorités de ces pays, d’organiser donc une journée ville morte le mardi prochain dans les cinq communes de Conakry », a annoncé Cellou Dalein Diallo, précisant qu’il ne s’agit là que du début d’une série de manifestations qui seront organisées par son camp face à cette situation.

Parlant de la Cour Constitutionnelle où le président déchu, Kèlèfa Sall, a été remplacé par Mohamed Lamine Bangoura, l’opposition républicaine indique que les consultations engagées avec la société civile se poursuivent pour identifier ensemble des actions à envisager pour barrer la route à ce qu’elle pense être le début d’un projet de modification de la Constitution pour permettre au président de la République de briguer un troisième mandat.

« Nous avons été contactés par une mission de la société civile qui était conduite par Sanoh Abdourahamane, le président de la PCUD, et comprenant en particulier monsieur Sékou Koudouno de la Cellule Balai Citoyen. Et je crois qu’aujourd’hui, ils ont reçu l’accord de principe de beaucoup de cadres, de structures de la société civile, de syndicats et de partis politiques. On va se retrouver très bientôt pour annoncer la naissance de cette plateforme et surtout, les actions qu’elle entend mener pour barrer la route au promoteurs de 3ème mandat », a laissé entendre le leader de l’opposition guinéenne.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineemation.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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