Comme annoncé dans l’une de nos précédentes publications, l’opposition guinéenne était en conclave ce vendredi, 23 février 2018, au QG de l’UFDG, à Hamdallaye CBG. L’objectif était d’échanger sur les résultats des élections du 04 février dernier et d’adopter une position commune pour faire plier le pouvoir.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le décryptage du compte rendu fait par le président du Bloc Libéral, Docteur Faya Millimono, au sortir de cette rencontre (intégralité) :

Nous venons de sortir d’une réunion qui a regroupé tous les partis politiques qui ont participé aux dernières élections. Après échange, nous sommes arrivés à des constats suivants : les élections ont été entachées de beaucoup de fraudes aussi bien avant, qu’après. Vous avez été témoins de l’implication de tout le gouvernement avec les biens de l’Etat, avec l’argent du pays. Cela n’a pas été suffisant. Le jour du vote, beaucoup de représentants des listes indépendantes et des listes de l’opposition ont été violentés, chassés des bureaux de vote. Donc, dans beaucoup de parties du pays, les élections n’ont pas connu la présence de tout le monde pour être témoin de ce qui allait se passer.

Pire, même là où nous avons l’intégralité des résultats qui sont sortis des urnes, les magistrats sur qui on aurait pu compter, ont utilisé des « si » pour falsifier tout ce qui méritait d’être falsifié parce que ce n’était pas favorable au parti au pouvoir. L’issue en partie de ces élections a été déterminée clairement par les votes frauduleux par procuration. C’est une question qui était sur la table de la CENI des semaines avant ; mais, la CENI aussi bien au niveau central qu’au niveau local, ayant été complice systématiquement des ces fraudes, n’a trouvé moyen de se prononcer sur le vote par procuration que le jour du vote, dans l’après-midi. Vous de la presse, vous avez été témoins. Et, partout où l’opposition étais en avance, consigne apparemment a été donnée d’annuler les bureaux de vote. La CENI, encore une fois, attend la fin des travaux des CACV pour envoyer un communiqué, comme pour se dédouaner, qu’il ne faut pas annuler les bureaux de vote. Qu’est-ce qu’on peut conclure de tout cela ? Ce que toutes les institutions ont échoué : en commençant par le gouvernement, la CENI au niveau central comme au niveau local.

Là où la déception est encore plus grande, c’est lorsque ceux qui devaient dire le droit ont échoué de dire le droit. Lorsqu’un magistrat refuse, déni la justice pour un citoyen, à un justiciable, ça veut dire que ce magistrat est un criminel en puissance parce qu’il envoie ainsi les gens à l’affrontement.

Au vu de tout cela, les preuves sont là, nous avons exigé que les vrais résultats soient publiés. Les vrais résultats, partout sur le territoire national. L’opposition, les listes indépendantes, possèdent ce qui est sorti dans la plupart des bureaux de vote fait par les citoyens guinéens, le 04 février 2018.

Pour obtenir cela, l’opposition va entamer une série de manifestations, commençant par une ville morte à Conakry et dans les environs. Nous sommes en train d’élaborer une liste exhaustive de tous les magistrats qui ont fait échouer la République. Nous avons par exemple le cas de Yomou avec un certain Souleymane Kourouma. Ce sont des messieurs qui ne doivent pas porter la robe ! Nous exigerons leur destitution parce qu’en fait, la conclusion à la quelle on peut arriver aujourd’hui, ce que toutes les institutions de l’Etat qui ont été associées de près ou de loin à ce processus électoral, ont échoué d’être républicaines. C’est pour cette raison, nous entamerons, dans une unité retrouvée (parce qu’il faut insister là-dessus), une série de manifestations pour que tout ce que nous exigeons puissent être obtenu.

Il y a déjà des choses que vous-mêmes, vous vous rappelez, qui avaient été obtenus autour de la table. Le cas de la CENI par exemple, elle doit s’en aller : celle qui est là. Le cas du fichier électoral, nous savons qu’il est corrompu, il est complètement tripatouillé. Ça fait deux ans qu’on exige, parce que c’est depuis 2015, peu avant l’élection présidentielle que l’audit du fichier avait été acté comme élément de l’accord. Ça fait deux ans que nous courrons après cela, nous n’avons pas encore obtenu la possibilité d’un appel d’offres. Il parait que l’appel d’offres qui a été fait a été infructueux. Nous savons un peu tout ce que cela veut dire.

Donc, en venant devant vous, nous avions ce message en introduction. Ce lundi, 26 février 2018, une ville morte à Conakry et dans les environs va être décrétée. Après cela, ça touchera toutes les régions de ce pays parce que partout, sur l’étendue du territoire, nous recevons les appels de nos militants, de nos sympathisants, des électeurs qui ont les résultats sous la main. Certains ont été bastonnés ; la violence, nous l’avons connue. Il y a des ministres comme Oyé Guilavogui, comme Cheick Taliby Sylla qui ne peut pas nous donner l’électricité ; mais, qui peut donner la victoire au RPG. Nous allons mettre à nu tout cela et tous ceux qui se sont comportés de manière anti-républicaine, nous allons les dénoncer et exiger qu’on se débarrasse d’eux parce qu’ils mettent effectivement la paix dans notre pays en danger.

Propos recueillis et décryptés par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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