L’honorable Aboubacar Soumah, Almamy Kandé, Boukary Camara, Ansou Conté (un des fils de l’ancien président guinéen, le Général Lansana Conté) sont poursuivis pour diffamation et injures publiques. Et, ils sont poursuivis par maitre Amadou Baidy Habib Tall, maitre Fanta Yarie Yansané et Mohamed Conté (un autre fils du Général Lansana Conté, le deuxième président de la Guinée indépendante), a appris un reporter de Guineematin.com qui était au tribunal de première instance de Dixinn hier, jeudi 21 septembre 2017.

Dès l’ouverture des débats, maitre Tafsir Barry, l’un des avocats de la défense, a pris la parole pour soulever des exceptions liées à ces infractions attribuées à ses clients. Ces deux exceptions soulevées portaient sur l’immunité parlementaire du député Aboubacar Soumah et la ‘’diffamation’’ qu’il dit être une infraction commise par voie de presse.

Selon maitre Tafsir Barry, cette citation directe, faite le 16 juillets 2017, est nulle et de nul effets ! «Honorable Aboubacar Soumah a reçu cette convocation en pleine session parlementaire. Or, il est député à l’Assemblée nationale, il bénéficie de l’immunité parlementaire », a dit l’avocat.

Abordant la deuxième exception, maître Tafsir Barry a enchaîné : « le délit pour lequel ils sont poursuivis n’est pas pénal. Mais, c’est un délit par voie de presse lancé sur les ondes de la Radio Espace Fm et Espace TV sur l’émissions les Grandes Gueules et sur le média en ligne Guineematin.com ».

Insistant sur le fait que ce soit un délit commis par voie de presse, les avocats de la défense ont rappelé que l’article 123 de la loi 002 portant sur la liberté de la presse précise que les responsables de ces organes de presse (qui ont relayé les propos) doivent être convoqués au même titre que les prévenus qui sont à la barre.

Par rapport à l’immunité parlementaire du député, ils ont rappelé au président du Tribunal, Thierno Souleymane Barry, le cas du député Amadou Damaro Camara qui avait été convoqué dans le même tribunal. « Lorsque nous avions cité ici le député Amadou Damaro Camara, c’est le parquet même qui s’est levé pour parler de son immunité parlementaire. Alors, ce sont les même cas… » ont-t-ils rappelé.

Pour sa part, le conseil de la partie civile, Maître Mohamed Traoré, par ailleurs bâtonnier de l’ordre des avocats, a dit qu’un député n’est pas à l’abri d’une poursuite.

«Le député Aboubacar Soumah n’est ni arrêté, ni détenu, il est poursuivi ! Or, un député n’est pas à l’abri d’une poursuite. Ensuite, c’est maintenant que le tribunal est saisi de cette affaire ; or, il y a pas de session maintenant-là », a lancé l’avocat de la partie civile.

Concernant l’exception pour délit par voie de presse, maître Traoré a laissé entendre que « ce n’est pas à eux, partie civile, d’aller convoquer les patrons de presse. Vous avez peur qu’on aille sur le fond de ce dossier. C’est pourquoi vous soulevez ces exceptions. Je demande au tribunal de rejeter vos demandes et ordonner l’ouverture des débats au fonds », a-t-il sollicité.

Pour délibérer sur ces exceptions, le dossier a été renvoyé par le tribunal au jeudi 28 septembre 2017.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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