Un peu plus de quatre ans après l’assassinat du commissaire de Police Pascal Bangoura, les personnes accusées d’avoir commis ce crime ont été fixées sur leur sort hier, lundi 15 janvier 2018. Deux d’entre elles ont été condamnées à la réclusion criminelle à perpétuité et la troisième a été acquittée par le tribunal criminel de Dixinn, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Il a tardé à s’ouvrir, mais n’a pas pris du temps à s’achever. Ouvert le 08 janvier dernier devant le tribunal criminel de Dixinn, le procès sur l’assassinat du commissaire Pascal Bangoura a été bouclé ce lundi 15 janvier. Après les débats qui ont eu lieu la semaine dernière, l’heure était aux plaidoiries et réquisitions ce lundi.

Dans son réquisitoire, le procureur Alsény Bah a d’abord rappelé les faits qui ont conduit à ce procès. Il a indiqué que le commissaire divisionnaire Pascal Bangoura qui était commissaire central de Sonfonia à l’époque, a été attaqué par un groupe de trois personnes dans la nuit du 1er décembre 2013 à Sonfonia, alors qu’il était avec une fille dans son véhicule. Les assaillants ont tiré sur lui et se sont enfuis avec son véhicule RAV4, ses deux téléphones portables et de l’argent, laissant le commissaire grièvement blessé et la fille sur les lieux. L’officier de police a succombé à ses blessures sur la route de l’hôpital. Selon le procureur, les enquêtes ouvertes qui ont consisté notamment au traçage des téléphones portables, ont conduit à l’arrestation d’Abdoulaye Barry alias « Ndagawal » (La flèche) et Abdoulaye Djibril Diallo alias « Bobo Hong Kong », tous deux interpellés. Une troisième personne, Mamadou Diaby alias « Bidia » a été également arrêtée. Les trois accusés ont été entendus et placé en détention depuis le 06 janvier 2014.

Même si les accusés ont tous nié devant le tribunal les faits qui leur sont reprochés, le procureur Alsény Bah a assuré qu’ils sont effectivement les assassins du commissaire Pascal Bangoura et demandé au tribunal de les condamner. « Je demande au tribunal de retenir les accusés dans les liens de la culpabilité et les condamner à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 30 ans au moins. Si vous le faites, le Ministère public se réjouira parce que vous aurez rétabli l’équilibre social rompu… », a-t-il dit.

Une position partagée par l’avocat de la partie civile, Maître M’Bomby Mara. Il a indiqué aussi que les accusés sont sans aucun doute coupables des faits d’association de malfaiteurs, assassinat, vol à main armée et complicité, même s’ils se sont engagés dans une entreprise de négation depuis le début de la procédure. Ils ont créé un vide dans la famille Bangoura et n’ont aucun remord, a estimé l’avocat qui a réclamé donc leur condamnation. « Pour les biens perdus, je demande leur condamnation au paiement d’un montant de 150 millions de francs chacun. Parce que, quoi que nous fassions ici le commissaire Pascal Bangoura ne va pas revenir, nous laissons le soin au tribunal d’appliquer la loi en ce qui concerne son assassinat pour que ces personnes servent d’exemple », a déclaré l’avocat dans sa plaidoirie.

Mais ces demandes du procureur et de la partie civile ont été aussitôt attaquées par la défense. Maître Labila Michel Sonomou, l’avocat des accusés, a qualifié ces demandes de fantaisistes : « Parfois j’ai pitié des magistrats parce qu’on vous demande de faire des condamnations fantaisistes. Durant toute la procédure, le procureur n’a pas été en mesure de présenter des preuves de ce qu’il dit. Les scellés dont il a parlé, il avait pris ici un engagement ferme de les présenter devant le tribunal, il ne l’a pas fait. Les habits dont on a parlé, la seule fille qui était témoin du crime a dit que ce n’est pas eux que le commissaire portait au moment des faits. C’est pourquoi ils ont caché les scellés. Mais je sais que le tribunal ne va pas se laisser piéger par les réquisitions fantaisistes de monsieur le procureur. Je vous demande de déclarer les accusés non coupables des faits à eux reprochés », a plaidé l’avocat de la défense.

Finalement, le tribunal a estimé que les accusés Abdoulaye Barry alias « Ndagawal » et Abdoulaye Djibril Diallo alias « Bobo Hong Kong », sont coupables des faits qui leur sont reprochés et les a condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans. La juridiction a condamné également les deux accusés solidairement au paiement d’un montant de 300 millions de francs à titre de réparation mais aussi aux frais et dépens envers l’Etat. Quant à Mamadou Diaby alias « Bidia », le tribunal l’a acquitté pour faits non constitué et a ordonné sa libération immédiate.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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