La journée nationale du paysan, initiée par le chef de l’Etat et célébrée à Nzérékoré, hier dimanche, intervient à Kankan dans un contexte particulièrement difficile pour les agriculteurs de la Haute Guinée. Une majorité d’entre eux ont encore du mal à se retrouver après le mauvais rendement enregistré lors de la dernière campagne agricole, a constaté sur place Guineematin.com, à travers son correspondant local.

Quelques mois après l’échec de cette campagne agricole en Haute Guinée, les blessures tardent encore à se cicatriser du côté des paysans. Aujourd’hui, ils en appellent à l’assistance de l’Etat pour faire face aux nombreuses difficultés provoquées par cette situation.

C’est le cas de Bangaly Traoré, plus connu sous le nom de Sènè Samo. L’année dernière, notre interlocuteur dit avoir perdu plus de 50 ha de riz. « Personne n’a pu faire la récolte l’année dernière. Personnellement, j’ai perdu plus de 50 hectares de riz. Même un grain de riz, je n’ai pas pu récolter. J’ai dépensé plus de 100 millions de francs guinéens. Donc, avec cette perte là, est-ce que je peux faire pareil cette année ? », s’interroge-t-il.

Selon lui, le non aménagement des terres cultivables et le manque d’eau sont entre-autres raisons évoquées pour expliquer cet état de fait. « Nous paysans, nous cultivons généralement sur les sols non-aménagés. Quand il y’a abondance de la pluie, c’est des problèmes pour nous. Quand il y’a rareté, c’est aussi un autre problème. C’est ce qui nous est arrivé l’année dernière », se plaint-il.

Alors que la prochaine campagne agricole s’annonce, Bangaly Traoré lance cet appel pressant aux autorités. « Les paysans ont de sérieux problèmes cette année. On a faim avec ça. Chercher la semence, acheter les intrants et trouver des machines pour labourer nos champs… Il faudrait l’aide du gouvernement en nous facilitant l’accès aux intrants agricoles. Je demande au président Alpha Condé de tout faire pour venir nous rencontrer à la base, échanger avec nous pour mieux s’imprégner de nos réalités et nous faire impliqué dans le processus, parce que ce sont les paysans qui doivent guidé les intellectuels dans ce sens ».

Il reste à savoir si ce cri de détresse d’un paysan désespéré tombera dans de bonnes oreilles.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 620 95 40 47

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