Y a-t-il risques de télescopages entre Le SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) et le SNE (Syndicat National de l’Education), créé il y a juste un mois ? Dans la commune urbaine de Kankan, si le SLECG maintient son appel à la grève générale et illimitée, le SNE n’est pas du même avis et invite les parents d’élèves à faire venir leurs enfants à l’école, rapporte guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture.

Les enseignants affiliés au SLECG réclament un salaire mensuel de 8 millions de francs guinéens avant de reprendre le chemin de l’école au compte de l’année scolaire 2018/2019. Dans la commue urbaine de Kankan, le SNE a pris le contre-pied du SLECG. La structure syndicale, créée le 07 septembre dernier à Kindia, invite les parents d’élèves à ne pas suivre l’appel du SLECG.

Selon Abou Camara, 1er secrétaire général adjoint du bureau national du Syndicat National de l’Education (SNE), « nous sommes là pour changer les conditions de vie des enseignants, mais pas à être intransigeants face à l’Etat. Nous, on caresse le patronat, on caresse le gouvernement, on ne peut pas négocier avec le gouvernement pendant que les enfants n’étudient pas. Si on ne fait pas attention, nous serons tous interpellé pas la justice de l’Histoire ».

Revenant sur les raisons qui doivent pousser les parents d’élèves à laisser les enfants aller à l’école, Abou Camara dit que c’est parce que les enseignants ont boudé le mot d’ordre de grève à Kankan. « Nous, nous demandons aux parents d’élèves de laisser les enfants venir à l’école pour la simple raison qu’à Kankan, les enseignants ont boudé la grève du SLECG. Donc, nous avons demandé aux enfants de venir pour que les cours continuent ».

Par ailleurs, Abou Camara n’a pas manqué de vanter les mérites du SLECG dans le combat qui a abouti à l’obtention des 40%. Toutefois, il pense que l’accent doit être mis désormais sur la formation des formateurs. « C’est le lieu pour moi de reconnaitre l’effort fourni par le SLECG. Mais, les 8 millions de francs guinéens ne sont pas une obsession. Et puis, il y a un point que les gens oublient. Nous, nous demandons à l’Etat de donner la formation aux enseignants. Vous n’êtes pas sans savoir que la plupart des jeunes enseignants que nous sommes, sont sortis de l’université. Mais, rien ne prouve que nous avons fait une formation qui nous permet d’enseigner », soutient-il.

A Kankan, de nombreux observateurs voient en cette nouvelle structure syndicale un moyen pour le gouvernement de chercher affaiblir le SLECG. Surtout que l’un des animateurs du mouvement est Aboubacar RPG Condé, fervent militant du parti au pouvoir et qui n’est plus à présenter à Kankan.

Interrogé sur la mise en place de cette structure, le secrétaire général du SLECG à Kankan, Ibrahima Kalil Condé, alias IKC, n’a pas souhaité s’exprimer.

Il reste à savoir désormais qui parviendra à prendre le dessus…

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

Tél : (00224) 627 24 13 24

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