La direction générale de l’hôpital régional de Kankan vient de mettre en place une commission mixte, chargée notamment de lutter contre les arnaques qui sont légion au sein du centre hospitalier. L’initiative serait venue du Ministère de la santé et elle devrait permettre aux citoyens d’être mieux informés, et de ne plus être victimes d’arnaque de la part de certains agents de santé véreux, a appris le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

A l’hôpital régional de Kankan, le constat révèle que la corruption, l’affairisme et l’escroquerie sont monnaie courante. Ces pratiques illégales seraient favorisées par le fait que les citoyens ne sont en général pas bien informés sur ce qu’ils doivent faire et ce à quoi ils doivent s’attendre une fois à l’hôpital. Certains médecins en profitent pour faire débourser illégalement et injustement des sommes d’argent aux patients.

Cette triste réalité, madame Condé dit en avoir été victime. Elle qui était allée accompagner sa fille pour accouchement : « Ils nous ont bien accueillies à notre arrivée, mais dès que ma fille a accouché, on nous a demandées de payer de l’argent pour que ma fille soit libérée. Je les ai suppliés pour qu’ils nous libèrent, ils ont dit qu’il faut qu’on paye, j’ai demandé combien on doit payer, ils ont dit que c’est 150.000 francs guinéens. J’ai fini donc par payer l’argent, ils nous ont libérées sans donner des produits à la nouvelle mère qui se tordait de douleur, c’est à notre arrivée à la maison que nous avons pensé à payer quelques produits pour ma fille. Le président de la République avait pourtant dit que les accouchements et les césariennes sont gratuits, mais une fois à l’hôpital c’est tout à fait le contraire, nous sommes obligés de payer parce que nous n’avons pas où nous plaindre », témoigne cette dame.

Madame Condé est loin d’ailleurs d’être la seule à se plaindre des agissements de certains médecins et autres agents de santé de l’hôpital régional de Kankan. C’est pourquoi, la direction générale du centre hospitalier a mis en place une commission mixte composée de 21 membres, issus de la société civile et d’autres entités de la ville, pour veiller à mettre fin à ce genre de pratiques. « Cette commission est mise en place pour jouer le rôle d’interface entre les citoyens et les médecins, intervenir quand il y a conflit et incompréhension, et aider l’hôpital régional à aller de l’avant. C’est vrai que certains médecins continuent à prendre de l’argent pour les césariennes malgré la mise en garde du président de la République, mais il y a aussi un manque d’information de la part des populations », a expliqué Aboubacar Kèfin Kaba, chargé de communication de la commission mixte mise en place.

Des numéros verts (622-61-32-92/628-95-19-19) ont été communiqués aux citoyens pour qu’ils puissent saisir la commission pour tout besoin.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

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