La branche locale de la Plate-forme Nationale des Citoyens Unis pour le Développement (PCUD) de Labé dénonce le mauvais procès fait à la société civile et au mouvement syndical par l’opinion ces dernières années, rapporte un correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Avec ce mouvement social contre l’augmentation du prix du carburant à la pompe, en République de Guinée, plusieurs observateurs émettent des doutes quand à la capacité des centrales syndicales et des organisations de la société civile à mener le combat jusqu’au bout. Ce jugement de valeur est inspirée par des mauvaises expériences vécues en République de Guinée avec certains leaders syndicaux qui ont, par le passé, été accusés d’avoir pris des peaux de vin à Sékhoutouréyah pour lever unilatéralement des mots d’ordre de grève largement soutenus par la base.

Interroge par Guineematin.com, le porte-parole de l’antenne locale de la PCUD de Labé, Idrissa Sampiring DIALLO a tenu à préciser qu’il est pratiquement contre indiqué d’apprécier ou de porter un jugement de valeur sur une activité quand on n’a pas la maîtrise de son cadre légal.

« La société civile guinéenne en générale et le mouvement syndical en particulier font leurs boulots. Mais, ils sont mal compris par certaines personnes qui pensent que c’est à la société civile de faire leur travail. S’ils échouent dans leurs démarches, ils tentent de faire porter cet échec à la société civile. Pourtant, la société civile guinéenne n’est pas une poubelle d’échec. Elle a un bilan élogieux, même si beaucoup de choses restent à faire dans notre pays. Sa vocation est d’agir pour faire changer positivement une méthode de gouvernance. C’est à l’opposition de se battre pour faire changer un régime, un système. Le mouvement social et la société civile n’ont pas pour missions de faire tomber un président de la République. Notre rôle est de nous battre pour pousser les gouvernants à bien faire leur travail. La critique faite à la société civile n’est qu’un discours politique. D’ailleurs, la plupart de ceux qui sabotent la société civile sont des militants et sympathisants de politiques qui espèrent que c’est à nous de donner à leurs leaders bien aimés le pouvoir sur un plateau d’or » se défend Idrissa Sampiring Diallo.

Parlant de cette crise sociale provoquée par l’augmentation du prix du carburant à la pompe, cet acteur de la société civile de Labé, accuse le gouvernement de vouloir faire payer au peuple de Guinée la mauvaise gouvernance des affaires publiques du pays.

« Si le gouvernement veut de l’argent, pourquoi ne pas diminuer le train de vie de l’Etat, augmenter le prix de la cigarette, des boissons alcoolisées et lutter contre la corruption? » s’interroge Idrissa Sampiring DIALLO.

Dans son intervention, le porte-parole de la PCUD à Labé accuse le parlement guinéen d’être complice de cette situation dans laquelle le pays est plongé par la gabegie, la corruption et l’impunité.

« Si aujourd’hui on parle du train de vie de la Présidence, des Ministères et des Institutions républicaines. C’est parce qu’ils ont un budget adopté par le parlement. Alors!!! Est-ce que vous avez entendu une fois les députés demander un compte à un ministre avant l’adoption de son budget sectoriel? Certains de nos députés n’ont même pas cerné en réalité leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Les voix de nos parlementaires ne retentissent à l’hémicycle que quand il est question de querelles politiciennes » regrette Idrissa Sampiring Diallo.

En ce qui concerne la marche sociale, notre interlocuteur indique que le combat continu jusqu’à la diminution du prix de l’essence et du gaseoil à la pompe.

« Nous n’avons pas marchés à Labé, parce que nos responsables nationaux n’ont pas informé à temps de la stratégie à mettre en œuvre. Mais qu’à cela ne tienne ! Nous, nous savons que le FMI n’a pas demandé une augmentation supérieure à 1000 GNF. Nous sommes donc à leur écoute. Et si le mouvement continue de perdurer, nous ne parlerons pas de forces sociales mais de forces vives, regroupant société civile et partis politiques » a-t-il conclu.

De Labé, Saifoulaye Diallo pour Guineematin.com

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