Les chauffeurs de taxi circulant sur l’axe Labé-Mali ont décidé d’immobiliser leurs véhicules de transport en commun à la gare routière de Daka, dans la commune urbaine de Labé, jusqu’à ce que les autorités de la préfecture de Mali et les responsables de leur syndicat acceptent une augmentation des frais de transport de 50 000 GNF à 60 000 GNF, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Cette décision fait suite à une rumeur qui a été propagée dans la ville de Labé, hier, jeudi, 09 août 2018, comme une trainée de poudre faisant état de l’échec des négociations entre les centrales syndicales et le gouvernement.

« Lorsqu’il a été annoncé que le syndicat a accepté les 10.000 GNF comme prix du litre de carburant à la pompe, les chauffeurs ont décidé d’augmenter 10.000 francs guinéens sur les 50.000 officiellement fixés sur le prix du transport entre Labé et Mali. Dans un premier temps, nous responsables syndicaux avions décidé que celui qui ne peut pas faire payer à 50.000 ne doit pas charger. Mais, les passagers qui attendaient ici ont mis une pression sur nous pour qu’on libère les véhicules avec le prétexte qu’ils sont prêts à payer les 60.000 exigés par les chauffeurs. Malheureusement, les chauffeurs qui sont partis ont été dénoncés par les mêmes passagers lorsqu’ils sont arrivés à Mali. Au-lieu de nous saisir, nos collègues de Mali ont chassé les chauffeurs venus de Labé, avec la menace de faire détruire les véhicules s’ils ne s’exécutaient pas. Ils sont revenus à Labé, sans aucun passagers » explique un élu syndical trouvé à la gare routière de Daka, dans la commune urbaine de Labé, après la grande prière de ce vendredi, 10 août 2018.

Sur la piste, les chauffeurs sont catégoriques : « puisque le syndicat est incapable de faire fléchir le gouvernement, nous, nous avons décidé de prendre notre destin en main. Personne ne va charger ici à destination de Mali si les autorités et le syndicat n’acceptent les 60.000 francs guinéens comme prix du transport » prévient un des chauffeurs qui a suivi mon entretien avec le responsable syndical.

Les intéressés développent deux arguments fondamentaux pour justifier leur démarche radicale. D’abord, il semble que le prix du transport Gaoual-Koundara distant de 117 km avec une route bitumée est de 60.000 francs guinéens. Il n’y a donc aucune raison que ceux qui font ce trajet impraticable de Labé-Mali pour une distance de 120 km ne fassent payer 60.000 francs guinéens par personne.

Ensuite, sur le trajet Labé-Sarékaly distant de 40 km, on fait payer 25.000 GNF officiellement. Pour la même distance, le passager paye 25.000 FG entre Sarékaly et Yembéring. Pour rallier la commune urbaine de Mali en provenance de Yembéring avec un parcours de 40 km aussi, le citoyen est obligé de tendre 25.000 francs au chauffeur. Ce qui fait un total de 75.000 francs.

Les chauffeurs de Labé se demandent alors pourquoi celui qui fait directement le trajet Mali-Labé ne doit pas faire 60.000 francs guinéens. Voici une équation du second degré à 3 inconnus soumise aux autorités préfectorales de Mali et aux responsables syndicaux du secteur des transports et mécanique générale de Labé.

De Labé, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

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