Lamine Bangoura

Lamine Bangoura

Comme annoncé par une précédente dépêche de Guineematin.com, les conseillers frondeurs de la Cour Constitutionnelle ont élu un nouveau président ce vendredi, 28 septembre 2018. Ils ont unanimement choisi Mohamed Lamine Bangoura, jusque-là vice-président de l’institution, pour remplacer Kèlèfa Sall, le président que les « putschistes » considèrent déjà comme déchu…

Peu après son élection, le nouveau président de la Cour Constitutionnelle a accordé un entretien à quelques trois (3) médias dont Guineematin.com dans les locaux de la plus haute juridiction du pays. Ce dernier indique que la Crise relève du passé et promet de s’investir pour redorer l’image de la Cour Constitutionnelle en la faisant fonctionner conformément à la loi.

Décryptage !

Circonstances de la tenue de l’élection du nouveau président de la Cour Constitutionnelle.

Mohamed Lamine Bangoura : conformément aux dispositifs de notre arrêt rendu il y a de deux semaines, constatant l’empêchement du président Kèlèfa Sall, ainsi que les lois relatives à la Cour Constitutionnelle, nous avons organisé l’élection d’un nouveau président ce matin. Auparavant, on a élaboré hier une lettre d’information à l’intention de tous les membres de la Cour Constitutionnelle y compris monsieur Kèlèfa Sall.

En réaction à ce courrier, monsieur Kèlèfa Sall nous a fait savoir qu’il ne pouvait prendre part à l’audience qui était prévue hier et qui devait définir les modalités d’organisation de l’élection et fixer la date à laquelle l’élection devait se tenir. Donc, hier on s’est réunis à partir de 14 heures et on a décidé de tenir l’élection ce matin, un huissier a été désigné à cette fin.

Donc, l’élection a eu lieu ce matin en présidence de 8 conseillers et au bulletin secret conformément à la loi. Les 8 conseillers ont tous voté de façon libre et transparente en présence d’un huissier. J’étais le seul candidat, et par conséquent, à l’unanimité j’ai été élu président de la Cour Constitutionnelle.

Ses priorités en tant que président de la Cour Constitutionnelle

Mohamed Lamine Bangoura : ce que je compte faire immédiatement, c’est de restaurer la crédibilité de la Cour Constitutionnelle, faire en sorte que la Cour fonctionne désormais conformément aux textes l’organisant et tous les textes y afférents. La Cour Constitutionnelle est un organe collégial, cela est consacré par ses différentes dispositions. Quand vous prenez les 88 articles de la Cour Constitutionnelle, seulement 2 sont consacrés au président de la Cour, il y a un autre qui est consacré au secrétaire général, tous les autres sont relatifs à la Cour.

C’est pour dire que c’est un organe collégial, gardien de la Constitution. Donc, nous entendons, dans un premier temps, imprimer cette approche collégiale dans la gestion de la Cour Constitutionnelle. Très bientôt, une charte de gouvernance sera élaborée, permettant une approche managériale qui va intégrer tous les conseillers dans la gestion des affaires de la Cour conformément à la loi.

La destitution de Kèlèfa Sall, un moyen de préparer une modification de la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats d’un président de la République ?

Mohamed Lamine Bangoura : j’avoue que la crise, pour moi, est considérée comme étant passée, nous nous projetons sur l’avenir. Vous avez constaté que la Cour est restée dynamique, sereine, avec les règles la régissant. Depuis le début de cette crise, on ne s’est pas exprimés même une seule fois sur la place publique parce qu’on a l’obligation de réserve. Donc, nous avons assumé nos responsabilités conformément aux textes régissant la Cour Constitutionnelle.

A partir d’aujourd’hui, il faut parler maintenant de l’avenir, notre objectif, comme je l’ai dit, c’est de restaurer la crédibilité de la Cour et faire en sorte qu’elle fonctionne conformément à la Constitution, conformément à la loi organique et tous les textes y afférents. Nous considérons que la crise relève du passé, nous partons maintenant sur de nouvelles bases à partir desquelles nous voulons construire l’avenir.

Je rassure les Guinéens que la Cour Constitutionnelle, institution gardienne du respect de la Constitution, va entièrement assumer, avec dignité et responsabilité, la mission qui lui est conférée par la loi.

Propos recueillis par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

 

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