Comme annoncé précédemment, l’opposition républicaine a annoncé ce vendredi 16 mars 2018, la poursuite de sa série de manifestations. Les quatre premiers jours de la semaine prochaine sont concernés par ladite série, allant de l’enterrement des jeunes tués à une marche sur l’autoroute Fidèle Castro en passant par une journée ville-morte et un sit-in devant le ministère de la Justice.

La plénière de ce vendredi a regroupé, au tour de chef de file de l’opposition, certains leaders de la place : Alhousseiny Makanéra Kaké, Dembo Sylla, Abdoulaye Kourouma, Dr Ibrahima Sory Diallo, Thierno Saidou Bayo. C’est l’ancien ministre de la Communication, Alhousseiny Makanéra Kaké qui a fait le compte-rendu de cette rencontre politique de près de quatre heures.

« L’opposition républicaine s’est réunie autour de son président, Elhadj Mamadou Cellou Diallo autour de l’ordre du jour suivant : le bilan de nos manifestations, le programme de l’enterrement de nos martyrs et divers.

Par rapport au premier point, nous commençons par regretter les décès. Comme d’accoutumée, les forces de l’ordre ont sévi cette fois-ci encore. On a enregistré quatre morts, dont une femme qui est mère de six (6) enfants. Ce qui est préoccupant, c’est que tous ces morts sont concentrés dans la même zone et visent la même communauté. Ça c’est une préoccupation majeure qui interpelle tous les guinéens, pourquoi ne pas dire toutes les personnes qui veulent le progrès, la paix et la justice dans notre pays.

Nous voulons également féliciter les militants et sympathisants de qui ont participé aux séries de manifestations que nous avons enclenchées à traves les villes mortes et les manifestations dans les quartiers.

A partir de lundi, nous organisons une série de manifestations qui commence par l’enterrement de nos martyrs tombés sous les balles de nos forces de sécurité qui sont armées, nourries, logées, payées par le contribuable guinéen pour le protéger. Des forces qui malheureusement, tournent les fusils contre la même population sans que justice ne soit faite et dans une indifférence totale de l’autorité guinéenne et surtout de son premier responsable, le professeur Alpha Condé.

Le lendemain de l’enterrement, nous déclarons la journée ville-morte pour le mardi. Le mercredi, les femmes de l’opposition organisent un sit-in en ville. Les femmes de l’opposition et toutes les femmes qui compatissent aux douleurs des assassinats de nos militants. Des assassinats ciblés qui nous amènent aujourd’hui à 94 morts en 8 ans. C’est comme si c’est une guerre. Au lieu de donner de l’emploi et de l’espoir aux jeunes, on leur donne des balles, on les tue. Vous avez remarqué dans les réseaux sociaux, cette image insoutenable, dure de celui qui a été assassiné à Wanindara, après avoir été insulté par un gendarme. Il vise sa figure et tire sur lui. Je crois que c’est une forte émotion qui nous habite tous aujourd’hui. C’est vrai que nous avons aussi entendu certains nous interpeller. C’est pourquoi, on ne va pas changer la stratégie pour que si on sort, on tue. Nous sommes surpris qu’on nous dise que c’est consacré par la loi, par la Constitution, par les autres dispositions légales qu’on abandonne ça, à cause de ce qui est interdit. Je pense que vous devez tous vous levez aujourd’hui pour que ces assassinats cessent. Le professeur Alpha Condé doit comprendre que derrière une élection, il y a le pouvoir ; derrière le pouvoir, il y a la légitimité au tour des valeurs partagées. Ça, ce sont des valeurs de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la justice sociale. C’est ce que nous devons exiger de nos gouvernants aujourd’hui.

Le jeudi suivant, nous allons organiser une grande marche. Là, nous invitons tous les guinéens épris de justice et de paix sur l’Autoroute. Nous allons définir l’itinéraire et vous serez informés ».

Alpha Mamadou Diallo et Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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