Dans le cadre des réformes entreprises par le gouvernement guinéen dans le secteur de la justice et particulièrement dans le système pénitentiaire, un atelier de formation des animateurs sur le nouveau cadre légal qui encadre le fonctionnement des établissements pénitentiaires et l’amélioration des conditions de détention des personnes privées de liberté (les prisonniers) s’est ouvert hier, mercredi 29 août 2018, à l’ENATEF de Mamou.

Mr. le Gouverneur

L’ouverture des travaux de cette rencontre de quatre jours a été présidée par Amadou Oury Lemmy Diallo, le gouverneur de la région administrative de Mamou, rapporte un des correspondants de Guineematin.com dans la ville carrefour.

Organisé par la direction nationale de l’administration pénitentiaire avec l’appui technique et financier du programme des nations unies pour le développement (PNUD), cet atelier regroupe une trentaine de participants venus de Conakry et des régions administratives de Boké, Kindia, Mamou, Labé, Kankan et N’Zérékoré. Pendant quatre jours, ces acteurs pénitentiaires vont se familiariser avec les textes réglementaires portant sur le régime juridique des établissements pénitentiaires et le statut du personnel pénitentiaire en Guinée. Une démarche qui, selon le gouverneur Amadou Oury Lemmy Diallo, « permettra sans nul doute de résoudre les épineuses questions liées à la gestion des détenus, à leur alimentation, leur santé et leur réinsertion socioprofessionnelle ».

Mamadou Gando Bah, le directeur adjoint de l’administration pénitentiaire

Mamadou Gando Bah

Pour Mamadou Gando Bah, le directeur adjoint de l’administration pénitentiaire, les thématiques inscrites dans l’agenda du présent atelier permettent de comprendre que toutes les activités du ministère de la justice, à travers la direction nationale de l’administration pénitentiaire, tendent non seulement à humaniser et à moderniser le système pénitentiaire, mais aussi à améliorer les conditions de détention et les soins de santé en milieu carcéral.

« les détenus ont des droits que le personnel de l’administration pénitentiaire a l’obligation de respecter et de faire respecter conformément au droit national et aux normes internationales. Ils (les détenus) ont droit entre autres, à un suivi médical, une alimentation saine et équilibrée et un accompagnement psychosocial pendant le temps de leur détention », a expliqué Mamadou Gando Bah, qui rassure que la nouvelle administration pénitentiaire que le département de la justice s’active à mettre en place, est différente de celle d’il y a une quinzaine d’années.

« Celle-là était caractérisée par un personnel hétéroclite plutôt préoccupé à simuler des évasions, à pressurer les détenus dans un but lucratif que d’assurer le bon fonctionnement des établissements pénitentiaires et l’amélioration des conditions de détention des personnes privées de liberté », a-t-il indiqué.

Olivier Tambala Wa Kambala, le conseiller principal justice du PNUD et chef du programme sur la réforme du système judiciaire du PNUD en Guinée

Olivier Tambala Wa Kambala

De son côté, Olivier Tambala Wa Kambala, le conseiller principal justice du PNUD et chef du programme sur la réforme du système judiciaire du PNUD en Guinée, s’est réjoui de la tenue de cette activité qui rentre, selon lui, dans l’ordre de l’appui du PNUD à la réforme du secteur judiciaire en Guinée.

« Je me réjouis d’autant plus qu’aujourd’hui on est en train de travailler sur un secteur très important de la chaine pénale, qui est le point d’exécution des décisions de justice. Le PNUD va s’assurer que les standards des Nations Unies, en ce qui concerne le traitement des détenus, soient appliqués et observés par les acteurs qui font un travail souvent dans des conditions difficiles que nous reconnaissons », a dit Olivier Tambala Wa Kambala.

A noter qu’au terme de cette formation (le 1er septembre 2018), la trentaine de participants (assistants sociaux, greffiers dans les établissements pénitentiaires et gardiens de prisons), seront répartis en sept (7) équipes qui vont ensuite être déployées pendant une semaine dans les 29 prisons du pays, en vue d’informer et sensibiliser le personnel de ces établissements pénitentiaires sur le nouveau cadre légal de l’administration pénitentiaire en Guinée.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

Facebook Comments

Guineematin