Depuis plusieurs semaines, Conakry vit au rythme de mouvements sociopolitiques. D’abord, avec les manifestations liées à la récente grève des enseignants, puis celles liées à la contestation des résultats des élections locales du 04 février 2018 par l’opposition. Outre les pertes en vies humaines qu’elles ont engendrées, ces différentes manifestations de rue ont affecté aussi sérieusement l’activité bancaire, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon un directeur de Banque qui s’est confié à Guineematin.com, les Banques ont fortement ressenti les effets des manifestations sociales et politiques qui secouent la capitale guinéenne depuis plus d’un mois.

« On a fait presque deux mois sans travailler normalement. Donc, nous sommes forcément en baisse, personne ne peut vous dire qu’il n’a pas été affecté par ces mouvements. Parce que, il faut que le port marche pour que des gens viennent verser de l’argent chez nous, pour que nous puissions avoir des commissions, pour que les clients puissent venir nous demander crédit pour payer tel ou tel produit, mais si les clients ne peuvent pas faire ces mouvements, comment nous on peut vivre ? On ne peut pas donner du crédit, tout comme ceux qui ont leur argent, ils ne peuvent pas l’utiliser, donc ceux qui ont pris des crédits on va les facturer, parce que c’est au jour le jour, donc, ça a un impact sur tout le monde », a dit le responsable d’une Banque primaire de la place.

Notre interlocuteur ajoute qu’au-delà même des Banques, c’est l’économie du pays en général qui paye les frais de ces mouvements sociopolitiques. Car, cela risque selon lui, de stopper la croissance que la Guinée commence à retrouver après la crise d’Ebola.

« C’est une situation qui n’est pas favorable à l’économie et qui est assez regrettable, dans la mesure où cela a un impact négatif sur l’activité entière. Sur les Banques, sur le PNB, sur tout. Parce qu’aujourd’hui, nous avons une économie qui vient de recouvrer une santé financière avec une croissance retrouvée. Après Ebola on avait 0% de croissance, avec le secteur minier qui a boosté un peu nous avons eu plus de 5% de croissance. Mais si nous continuons avec tout ce qui se passe dans le pays en termes de troubles sociopolitiques, ce n’est pas bon, parce que ces troubles pèsent lourd sur l’activité économique et en répercussion directe sur les Banques », souligne-t-il.

A rappeler que l’opposition prévoit de nouvelles manifestations de rue la semaine prochaine à Conakry, pour protester toujours contre le détournement de ses suffrages et exiger la publication des vrais résultats des élections locales du 04 février 2018.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

Facebook Comments

Guineematin