Fayi Sano

Dans un communiqué conjoint lu à la télévision nationale le vendredi passé, 13 avril dernier, le Gouvernement guinéen a menacé de démolir toutes les maisons voisines de la décharge de Dar-Es-Salem (commune de Ratoma), à partir du 1er mai prochain. Et, comme on pouvait imaginer, cette décision inquiète à plus d’un titre les citoyens de ce quartier, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Dans la soirée d’hier, lundi 16 avril 2018, lors d’une réunion organisée entre ces citoyens très préoccupés, ces citoyens ont demandé au Gouvernement de trouver une alternative à la démolition de leurs maisons.

Boubacar Baldé

Selon Boubacar Baldé, chef du carré Dar-Es-Salam II, cette décision du Gouvernement a été une surprise désagréable pour tous les habitants de Dar-Es-Salam. Il dit même que certains parmi eux vivent à cet endroit depuis plus de quarante ans, et n’ont aujourd’hui nulle part où aller.

« Quand on a entendu cette décision, ça nous a dépassé. On peut quitter ; mais, ce qui est dur pour nous, c’est qu’il n’y a pas un autre lieu où on peut aller. Des enfants sont nés ici, ceux qui sont-là depuis plus de 30 à 40 ans sont devenus vieux, c’est le peu de réalisations qu’ils ont fait pendant leur jeunesse qui est là ! Ils sont avec des femmes fatiguées, des jeunes qui ne travaillent pas, etc. Alors, dire que dans deux semaines vous quittez, ça c’est difficile pour nous… Ceux qui ont pris cette décision doivent savoir que nous avons des enfants qui vont à l’école, ils quitteront pour aller où ? Qu’ils n’oublient pas qu’il y a des femmes qui sortent à 6 heures du matin pour aller chercher la dépense quotidienne, si on nous dit de quitter comme ça, certains n’ont même pas le transport pour prendre un lit. Donc, si on doit quitter, les autorités doivent nous aider à trouver un autre lieu où nous irons habiter ; sinon, c’est la mort », s’est alarmé monsieur Boubacar.

Pour sa part, Fayi Sano, secrétaire administratif du bureau du quartier Dar-Es-Salam II a dit que cette réunion vise à préparer un plaidoyer à l’occasion de la visite du site par le ministre de l’Habitat, de la ville et de l’aménagement du territoire.

Fayi Sano

Fayi Sano a tout de même ajouté que les habitants de cette zone sont face à une situation qui est préoccupante. « Depuis qu’ils ont commencé à déposer les ordures ici, le bureau du quartier, en l’occurrence le chef du quartier, a mené beaucoup de démarches. Il a déposé des correspondances au niveau de tous les Gouvernements qui se sont succédé. Il a fait des déclarations au niveau des médias, mais il n’a pas été écouté. Donc, nous, on n’a pas d’autres moyens, notre souhait, c’est de voir cette décharge-là transférée ailleurs car elle est en plaine capitale. Il y a des gens qui disent que ce sont les habitants qui ont trouvé la décharge ici ; mais, ce n’est pas vrai, c’est la décharge qui a trouvé les gens ici. Tout le domaine appartient à l’Etat. Donc, si on tient coûte que coûte à ce que nous quittions ici, on peut quitter ; mais, il faudrait qu’il y ait des mesures d’accompagnement parce qu’on est dépourvu de tout moyen. D’ailleurs, il y a un vieux qu’on a enterré aujourd’hui, il faisait partie de toutes les commissions de négociation. Mais, depuis qu’il a appris qu’on doit quitter, il a piqué une crise qui l’a malheureusement emporté », a déploré monsieur Sano.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments

Guineematin