Suite aux violences post-électorales et aux troubles sociaux liés à la grève des enseignants et face à la menace de l’opposition de descendre dans la rue, madame M’mah Aribot Savané, Directrice Générale de l’ONSPA, à l’instar de certains compatriotes, a souhaité s’exprimer pour faire part de sa préoccupation et lancer un appel au calme et à la paix.

Madame, depuis un certain temps, les crises se succèdent dans notre pays, après les violences post-électorales, la grève des enseignants, c’est maintenant l’opposition qui menace de descendre dans la rue pour contester les résultats des élections locales. Votre message ?

M’mah Savané : Permettez-moi, avant de répondre à votre question, de remercier le Président de la République, le professeur Alpha Condé pour son sens élevé d’homme d’Etat et l’esprit de paix et de fraternité qui le caractérise. Egalement, j’ai une pensée pour mon ministre, Fréderic Loua, qui use de toutes ses forces pour la mise en œuvre de la politique du gouvernement dans notre secteur.

Pour revenir à votre question, je dirais que mon message, c’est un message de paix, de fraternité et de compréhension, comme vous l’avez dit, dès après les élections locales, nous avons tous été surpris par les actes de violences à Conakry et à l’intérieur du pays, alors que le scrutin proprement dit s’était déroulé dans le calme et la sérénité. Je crois que cet esprit qui avait animé nos compatriotes le jour des élections devrait perdurer ; car, c’était une aubaine à saisir dans la mesure où notre pays a amorcé un nouvel élan démocratique depuis l’arrivée du Président Alpha Condé au pouvoir en 2010. Vous vous souviendrez avec moi que c’est la première fois depuis plus de 10 ans qu’on organise les élections locales dans notre pays, après celles de 2005. C’est pourquoi, ces élections devraient être un modèle de réussite en matière d’organisation et de compréhension des acteurs. Sur le plan organisationnel, je crois qu’il faut féliciter les acteurs du processus ; car, comme on l’a constaté, le jour ‘’j’’, le peuple de Guinée a voté dans le calme. Sur le plan compréhension, je souhaite que tous les acteurs se comprennent et privilégient l’intérêt de la nation. C’est pourquoi, je demanderai à tout acteur qui souhaite contester un résultat de passer par les voies légales pour le faire ; car, notre pays a trop souffert de troubles sociopolitiques qui continuent d’affecter notre économie. Je pense que nous n’avons pas droit à l’erreur, surtout en ce moment où notre pays, grâce à la bienveillance de notre chef d’Etat, le professeur Alpha Condé, a amorcé une ouverture diplomatique sans précédent, rendant notre pays crédible et fréquentable.

Que pensez-vous de la grève des enseignants ?

Ecoutez ! Ce n’est pas la grève des enseignants en tant que telle qui me préoccupe ; mais, c’est la paix sociale et l’avenir de nos enfants. Car, une nation ne vaut que ce que vaut l’éducation de ses enfants. C’est pourquoi, je demande aux grévistes de revenir à la raison, de privilégier le dialogue à la grève ; car, vouloir continuer cette grève, c’est compromettre l’avenir de nos enfants et personne ne souhaite cela. Tout le monde souhaite que ceux qui enseignent nos enfants soient dans des bonnes conditions ; et, je crois que le gouvernement travaille et continue de travailler là-dessus, car vous pouvez le comprendre l’Etat a trop d’engagements. Donc, si après les précédentes négociations l’Etat a promis de répondre aux attentes des enseignants, je crois Qu’il faut de la patiente. L’Etat a déjà promis 10% à la fin de ce mois, les autres seront échelonnés dans 2 ans. Cela vaut mieux que rien. Donc, comme je l’ai dit tantôt, nos compatriotes n’ont qu’à accepter le dialogue, un dialogue qui inclut tous les acteurs syndicaux pour ne pas compromettre l’avenir de nos enfants.

L’opposition menace de descendre dans la rue pour contester les résultats des élections locales. Vous, personnellement, pendant la campagne, on vous a vu très active pour soutenir les candidats du RPG-arc-en-ciel. Quelle est votre appréciation de cette démarche de l’opposition ?

Je crois que la rue n’a jamais rien résolu dans un problème ; car, vous vous êtes beau bagarrer et disputer avec quelqu’un, vous finirez par la table de négociation. Donc, mieux vaut économiser toutes les conséquences négatives qui pourraient découler de telles démarches en usant des moyens légaux prévus par la loi pour contester un résultat ou une élection.

Votre mot de fin ?

Je demande à tous les acteurs impliqués dans le processus électoral, aux syndicalistes, à tous nos compatriotes de cultiver l’esprit de paix et de fraternité surtout en ces périodes difficiles ; car, notre devoir, c’est de préserver les acquis de la République et non de les détruire. Cette ouverture diplomatique que nous avons avec le Président Alpha Condé nous ne devons pas la perdre ; et, cela ne peut se faire que quand on cultive l’esprit de paix et de fraternité entre nous. Et, le monde nous observe.

Propos recueillis et décryptés par Ibrahima Kalil Diallo

Facebook Comments

Guineematin