Un corps sans vie a été retrouvé hier, dimanche 23 septembre 2018, dans la sous-préfecture de Samoé, préfecture de N’zérékoré, dans la région de la Guinée forestière. Et, l’inhumation de ce corps a été tout à fait un problème pour les autorités locales.

Le souci est que ni le service de la protection civile, encore moins la Croix-Rouge n’ont accepté d’aller faire le travail préalable avant l’enterrement. Et, la raison de ce refus serait purement pécuniaire, a confié à Guineematin.com un responsable local.

Dans la matinée du dimanche, 23 septembre 2018, les habitants du quartier Boma ont découvert le corps sans vie d’un jeune homme dans la localité. La victime est un malade mental dont l’identité et les parents ne sont pas connus dans le quartier…

« J’ai été informé de la découverte d’un corps sans vie par mon homologue de la commune urbaine dans ma zone de juridiction, et j’ai informé aussi le sous-préfet, la gendarmerie et la santé. Arrivé sur les lieux vers 10 heures, on a trouvé effectivement ce corps sans vie près d’un bas-fond sous un poteau. On a commencé par interroger la cheffe du secteur Boma 1, cette dernière a dit qu’elle ne connaissait pas la victime. Les gens ont dit quand même qu’il s’agit d’un fou parce que les gens disent qu’ils le voyaient souvent de passage sur la route ; mais, on ne connait ni son identité, ni ses parents », explique Cheick Touré, secrétaire général de la commune rurale de Samoé.

Ce dernier a informé les autorités sanitaires de N’zérékoré qui ont déployé deux agents sur le terrain pour procéder à l’autopsie. Les agents de santé ont conclu qu’il s’agit d’une mort naturelle.

Ainsi, le secrétaire général de la commune rurale a fait appel à la Croix-Rouge de N’zérékoré pour qu’elle vienne désinfecter le corps et le préparer pour l’inhumation. Mais, là les choses ne se passent pas comme il le pensait.

« Après l’intervention de la santé, j’ai appelé la Croix-Rouge, mais très malheureusement elle n’est pas intervenue. Ils m’ont dit de faire recours au général et au maire de la commune urbaine, je leur ai dit non, je suis une autorité locale. Selon le code des collectivités, les mairies sont indépendantes, donc on ne relève pas de la commune de N’zérékoré. Mais ils n’ont pas accepté de venir faire le travail.

C’est ainsi que j’ai interpellé mon supérieur hiérarchique, c’est-à-dire le sous-préfet. Et ce dernier a appelé le préfet et le préfet à son tour a essayé de jouer son rôle. Il a appelé le service de la protection civile et il a appelé aussi la croix rouge, on lui a défini les formalités à remplir. Selon les informations que j’ai reçues après du sous-préfet, il s’agissait de payer 100 000 GNF pour la Croix-Rouge, 100 000 G NF pour les agents de la protection civile et 100 000 GNF pour le cimetière. Donc, on s’est posé la question de savoir où trouver les 300 000 GNF pour enterrer dignement ce bonhomme. Et comme on n’a pas trouvé l’argent, ils ont refusé de venir », déplore Cheick Touré.

Interrogé sur la question, le chargé de la logistique à la Croix-Rouge de N’zérékoré dément cette version de l’autorité locale. « Le secrétaire général n’a pas respecté la procédure, quand il m’a appelé je lui ai dit de se référer à son homologue de N’zérékoré, c’est à lui de nous appeler et non eux. Et c’est pourquoi nous avons refusé d’intervenir, car nous sommes régi par des textes et lois », soutient-il.

Finalement, la commune a décidé alors de mettre le corps à la disposition du quartier dans lequel il a été retrouvé. Les autorités locales ont mobilisé quelques jeunes de la localité pour procéder à l’inhumation du défunt plusieurs heures après la découverte de son corps.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour guineematin.com

Tél. : +224620166816

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