A 72 heures de l’ouverture universitaire 2017-2018 en Guinée, les enseignants assistants des universités publiques mettent en cause l’effectivité de la rentrée des classes prévue pour le lundi 16 octobre 2017. Se sentant legés dans la revalorisation des primes des enseignants chercheurs décidé par le ministre Yero Baldé, les assistants ont lancé un avis de suspension des cours sur toute l’étendue du territoire Guinéen à compter de ce vendredi 13 octobre 2017, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Boké.
Ces enseignants assistants reprocheraient le chef du département de l’enseignement supérieur d’un traitement partial dans la valorisation des primes des enseignants chercheurs. Les maîtres assistants, les maîtres de conférence et les professeurs ont bénéficié d’un relèvement de leurs primes qui varie désormais entre six (6) et dix (10) millions de francs guinéens, selon les grades. Mais les assistants ont été maintenus à l’ancienne prime de 30.000 GNF par heure. Une décision jugée injuste par le collectif des enseignants assistants.
Selon leur porte parole, Monsieur Mohamed Kaba, assistant à l’Université de Kindia, joint au téléphone dans la matinée de ce vendredi 13 octobre 2017 par Guineematin.com, depuis la signature de l’arrêté ministériel, du 4 août dernier, portant revalorisation des primes des enseignants chercheurs, le collectif des assistants <<exclus>> a usé de tous les recours légaux pour amener le ministre Yero Baldé à prendre en considération leur requête. Mais à l’en croire, le ministre n’a pu satisfaire le moindre point de leurs revendications. C’est pourquoi, dit-il, << nous nous sommes réservés le droit de lancer un avis de suspension des cours dans toutes les universités de la Guinée à partir de ce vendredi 13 octobre 2017 >>.
En plus de la demande de revalorisation de leurs primes à hauteur de cinq (5) millions, les enseignants assistants ont d’autres points de revendications dont les essentiels sont les suivants :
– la facilitation de la formation des formateurs, conformément à la ligne allouée à ce secteur dans la subvention ;
– l’application effective du droit à la raitraite des fonctionnaires retraités, qui continuent toujours à occuper des postes et prendre des decisions ;
– l’avancement des trois premiers grades à l’interne. C’est-à-dire du grade assistant jusqu’au grade maître assistant soit acquis en Guinée et que le passage au grade professeur soit à l’extérieur (au CANEF) ;
– l’avancement automatique de tous les assistants ayant fait 5 ans ou plus de service, au grade de maitre assistant (conformément aux textes).
Au téléphone de Guineematin.com, Monsieur Mohamed Kaba a largement expliqué les vaines démarches effectuées par le collectif des enseignants assistants, dont il en est le porte parole : << tout est partis de l’arrêté signé le 4 août 2017, portant revalorisation des primes des enseignants chercheurs dans lequel les assistants ont été pratiquement exclus. Or, le décret 176 signé en 1989 dans ses articles 64 et suivants, définit les fonctions de l’enseignement supérieur et les attributions des primes, des indemnités et des avantages speciaux à tous les enseignants chercheurs. C’est clair dans le décret. Maintenant l’arrêté signé par Monsieur le ministre de l’enseignement supérieur en relation avec son homologue des finances, exclu complètement les assistants. Alors que concrètement, toute l’administration universitaire et même les activités pédagogiques sont tenues par les assistants. C’est pourquoi nous nous sommes levés comme un seul homme pour manifester notre mécontentement afin d’attirer l’attention du ministre sur cette question. Alors, nous avons adressé un courrier à Monsieur le ministre dans lequel nous avons mentionné six (6) points de revendications. Et par la suite il nous a convoqué pour nous dire carrément qu’il ne peut pas faire face à notre préoccupation. C’est d’ailleurs ce qui a motivé davantage tous les enseignants assistants à se retrouver et adresser un mémorandum au Président de la République pour qu’il prenne connaissance du dossier. Après le ministre, avant-hier mercredi 11 octobre, nous avons fait un entretien avec le collège des recteurs, où ils nous fait comprendre qu’ils n’ont pas été consulté avant la prise de cette décision de revalorisation partielle. Ils nous ont donc proposé de mettre en place une commission tripartite composée de quelques enseignants assistants, quelques membres du collège des recteurs et un certain nombre des cadres de l’enseignement supérieur, pour examiner notre plateforme. Nous avons répondu favorable à la mise en place de cette commission, mais tant que nos revendications ne sont pas satisfaites, aucun assistant ne foutra pieds dans une classe >>, a annoncé Mohamed Kaba, porte parole des assistants non revalorisés.
<< Ce vendredi 13 octobre, l’avis de suspension des cours est parvenus dans toutes les universités du pays. Si les lignes ne bougent pas d’ici le 16 octobre, date de l’ouverture universitaire, aucun enseignant assistant ne répondra présent >>, a-t-il avertit.
De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com
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