Comme annoncé dans une de nos précédentes publications, l’opposition républicaine était en conclave ce mardi, 8 mai 2018, au QG de l’UFDG à Hamdallaye CBG. Pendant près de 4 heures, les opposants ont discuté de l’acharnement judiciaire contre eux, des travaux du comité de suivi et de la prochaine reprise des manifestations, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Au sortir de la rencontre, le porte parole de l’opposition guinéenne, Alhousseyni Makanéra Kaké, a protesté contre « l’acharnement judiciaire » contre les opposants. « Nous avons aujourd’hui 107 personnes, militants et responsables de l’opposition emprisonnés », a-t-il dénoncé. Précisant que 62 personnes (dont 10 mineures) sont dans la prison de Faranah. Ces personnes ont été arrêtées à Kalinko, dans la préfecture de Dinguiraye, suite aux affrontements postélectoraux.

Egalement, les opposants ont parlé de 12 autres compatriotes qui ont été arrêtés dans la sous-préfecture de Maréla et emprisonnés à Faranah ; 25 citoyens arrêtés à Linsan sont détenus à la prison civile de Kindia ; 7 personnes dont 3 mineures à Dubréka ; et, le dernier cas en date est celui de l’auditeur très connu, Ibrahima Sory Camara de Dabondy, a indiqué le porte parole de l’opposition. « Tous ces prisonniers sont des prisonniers politiques. Le seul tort des 106 personnes, c’est d’avoir cherché à jouir de leur victoire à l’issue des élections », a expliqué l’ancien ministre de la communication du président Alpha Condé.

Selon Alhousseiny Makanéra Kaké, d’autres opposants et mêmes des acteurs de la société civile sont également harcelés par la justice d’Alpha Condé… « Le jeune Aboubacar Sidiki Mara a été arrêté à Boké à 3 heures du matin avant d’être transféré à Conakry. Le président Alpha Condé lui-même a assumé avoir donné des instructions pour son arrestation. Vous avez monsieur Abdourahmane Sanoh de la PCUD qui serait dans le collimateur de la justice parce qu’il dénonce la mauvaise gouvernance et son opposition sans ambigüité au 3ème mandat. Et, au cours de la plénière, nous avons été informés qu’une lettre serait à l’Assemblée nationale demandant la levée de l’immunité parlementaire d’Ousmane Gaoual Diallo, conseiller du président Cellou Dalein Diallo, suite à la plainte de deux ministres qui, eux, jouissent de l’immunité totale parce que nous n’avons pas encore la Haute cour de justice », a-t-il ajouté.

Concernant les travaux du comité de suivi, les opposants disent avoir noté « l’absence d’une volonté réelle » de la mouvance présidentielle et du président du comité, Boureima Condé, de trouver une solution équitable face au contentieux électoral.

C’est pour toutes ces raisons, ajoute-t-il, que les opposants décident d’accentuer la pression sur le pouvoir. La première action sera consacrée à l’organisation d’une conférence de presse après demain, jeudi 10 mai 2018. Cette conférence sera suivie, le lundi prochain, par une journée ville morte à Conakry.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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