Dans quarante-huit heures, la communauté musulmane va observer Achoura, fête qui a lieu le dixième jour de la nouvelle année lunaire du calendrier musulman. Elle consiste à jeûner et à faire d’autres actes chez certains musulmans.

Pour bien comprendre le contours de cette fête, un reporter de Guineematin.com a joint au téléphone, ce lundi, 17 septembre 2018, Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniquer islamique et imam à la grande mosquée de Koloma, dans la commune de Ratoma.

Sur la célébration de cette fête, Oustaz Ramadan Bah a tout d’abord parlé de son origine : « en réalité, Achoura n’est pas une fête à proprement parler. C’est un rappel, puisque c’est le jour où Dieu a sauvé le prophète Moïse (que la paix de Dieu soit sur lui) et Il a noyé Pharaon et son armée dans la mer Rouge. Donc, Achoura c’est en souvenir de cela ».

A la question de savoir comment Achoura est devenue un acte d’adoration chez les musulmans, l’imam a rappelé que « quand le prophète Mahomet (PSL) est venu à Médine, la dernière année de sa vie, il a observé que les Juifs jeunaient ce jour-là, c’est-à-dire le 10ème jour du mois de Muharram, le premier mois lunaire. Donc, le prophète a demandé ce que c’était. On lui a dit que c’est un jeûne pare que c’est le jour où Dieu a sauvé Moïse de Pharaon et de son armée. A partir de là, le prophète a dit de jeûner ce jour-là et ils ont jeûné effectivement. Ensuite, il a dit que l’année suivante, il faudrait jeûner le 9ème et le 10ème jour pour faire la différence entre notre jeûne et celui des Juifs. Mais, malheureusement, le prophète est décédé avant l’année suivante. Donc, c’est devenu une sounna (tradition du prophète) de jeûner ces deux jours de Muharram. Cette année 2018, ça correspond chez nous au mercredi 19 et jeudi 20 septembre 2018 ».

Parlant de la polémique qu’il y a autour de cette célébration d’Achoura, Oustaz Ramadan Bah a souhaité qu’on fasse la différence entre la tradition et la religion. « Les gens sont divisés en deux parties. Mais, les deux parties ne correspondent pas à la Sunna du Prophète, puisqu’il n’y a pas de référence. Il y a une partie qui dit que c’est des jours de réjouissances. On voit sortir des enfants et même des personnes ayant un âge avancé, qui tapent sur des récipients, ils demandent des sacrifices. Ça, c’est une coutume, ce n’est pas la religion. Ça n’a pas de référence », a-t-il insisté.
D’ailleurs, selon le chef religieux, « certains vont même dans les cimetières pour prier pour les morts ! Il y en a qui sortent pour aller saluer les parents, la famille, etc. Tout ça, c’est la coutume, ce n’est pas la religion. Il y a même une autre partie qui dit que c’est des jours de deuil, puisque c’est le jour où le petit-fils du prophète, Alhouseyny, a été assassiné. Donc, pour eux, c’est de jours de tristesse, il faut beaucoup pleurer. Il y a certains parmi eux qui se blessent volontairement pendant ce jour pour dire leur tristesse et se rappeler l’assassinat du petit-fils du Prophète. Mais, il faut dire que tout ça n’a pas de preuve, ça n’a pas de référence, ni dans le Coran, ni dans la Sunna du prophète (PSL). En tout cas, ce qui est demandé, c’est de jeûner les deux jours-là, le 9ème et le 10ème jour de Muharram ».

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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