Les centrales syndicales de la Guinée et les Forces Sociales de Guinée ont animé une conférence de presse à la maison commune des journalistes, dans la soirée de ce mercredi, 08 juillet 2018. Objectif, présenter la convention de partenariat et les actions conjointes à mener pour la réduction du prix du carburant à 8000 francs guinéens, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Dans son discours introductif, Abdoul Sacko a dit que, travaillant tous pour la baisse du prix du carburant en Guinée, Forces Sociales et Syndicats ont décidé d’unir leurs forces pour lutter vaille que vaille pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens par le rabais du prix du litre du carburant à 8000 francs à la pompe. Pour donc matérialiser ce partenariat, un protocole d’accord a été signé entre les deux parties. « Après la signature de cet accord, nous avons estimé qu’il était nécessaire que cette volonté d’aller ensemble puisse se matérialiser sur des actions qui puissent nous permettre de ramener le gouvernement sur sa décision, notamment de fixer le prix du carburant à 8000 francs à la pompe », a indiqué l’activiste de la société civile.

S’agissant du contenu du protocole d’accord qui a été signé entre Forces Sociales et syndicats, Algassimou Diallo, un des leaders des Forces Sociales a commencé par déplorer l’augmentation unilatérale du prix du carburant par le gouvernement. Pour lui, cette augmentation a affecté le pouvoir d’achat du citoyen, notamment les travailleurs et les travailleuses du secteur public, mixte, privé, informel et les retraités. C’est pourquoi, rappelle monsieur Diallo, les acteurs sociaux que sont le syndicat et la société civile se sont mobilisés contre cette décision en enclenchant des actions de contestation conformément aux dispositions légales en vigueur dans notre pays.

« Malheureusement, le pouvoir public a préféré user de la répression et du mépris à l’égard des actions menées par les acteurs sociaux, auxquels il a interdit d’organiser toutes nouvelles manifestations sur toute l’étendue du territoire national. Et ce, en violation des lois et des règlements en la matière. Considérant que cette décision constitue une violation des articles 10, 20 et 23 de notre constitution ; considérant que les différentes violations des conventions 87 et 98 de l’OIT ratifiées par notre pays depuis 1959 ; considérant que cette augmentation unilatérale est une violation du protocole d’accord signé le 19 février 2016 ; regrettant les violences qui ont caractérisé les répressions de ces derniers jours, qui constituent une violation des libertés publiques et des atteintes graves aux droits humains ;

Prenant acte de la déclaration du Premier ministre qui a publiquement affirmé vouloir reformer l’inter-centrale syndicale tout en fustigeant les actions légitimes menées par les Forces Sociales de Guinée ; restant fidèles à leur mission de veille citoyenne et de proposition d’alternatives en vue d’améliorer les conditions de vie, de travail décent et d’emploi, les acteurs sociaux, composés des centrales syndicales et des Forces Sociales décident de prôner une unité d’action pour le retour du prix du carburant à 8000 francs guinéens le litre. Les parties s’engagent ensemble pour l’atteinte de l’objectif suscité », a dit Algassimou Diallo, précisant que le présent accord est susceptible d’être modifié en vue de prendre en compte l’évolution du contexte.

Forts de ce protocole d’accord signé entre eux, les activistes de la lutte contre la hausse du prix du carburant décident d’intensifier le combat pour faire fléchir le gouvernement. Ahmed Sékou Touré, également membre des Forces Sociales de Guinée, annonce plusieurs actions prévues dans ce sens et qui commencent par

« Une action juridique contre la décision d’interdiction des manifestations par le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation. Cela a commencé depuis hier mardi, 07 août 2018. L’observation à ce point, d’une part, est d’exiger l’annulation de cette décision et cela dérive d’un abus administratif. Le point 2, c’est la conférence de presse que nous faisons. Troisième point, c’est l’organisation d’une journée sans activités ici à Conakry.

Quatrièmement, c’est l’organisation d’un meeting géant sur le terrain de Nongo. L’objectif est de dénoncer et remobiliser les citoyens face à la réduction du prix du carburant à 8000 francs. Cinq, animation des émissions radios et télévisions. Cette animation se fera en synergie entre les Forces Sociales et le mouvement syndical. Sixièmement, nous allons organiser des sit-in à l’Assemblée nationale : objectif, leur dire qu’ils sont élus par le peuple, ils doivent motiver à ce qu’ils restent et demeurent à l’écoute du peuple. Point sept, organisation d’une marche pacifique, l’itinéraire vous sera défini et la date vous sera donnée », a-t-il dit, précisant que toutes ces actions se feront pacifiquement.

Pour sa part, Yamoussa Touré, secrétaire général de la COSATREG a dit que le problème du carburant concerne tout le monde. C’est pourquoi, renchérit monsieur Touré, « que les organisations syndicales signataires de la présente convention se sont données la main pour mener ensemble, dans la solidarité agissante, la défense du pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses de Guinée, ainsi que les populations laborieuses. En synergie avec la société civile nous avons décidé dans un idéal commun, guidé par notre conviction, le mouvement syndical comme vous le savez depuis le 1er juillet nous nous sommes donnés la main pour essayer de relever le défi de cette augmentation unilatérale ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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