Le comité de suivi de la mise en œuvre de l’accord politique du 12 octobre 2016, a repris ses travaux ce vendredi, 06 avril 2018 à Conakry. Cette session, la vingtième depuis la mise en place de ce comité, a réuni autour du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Bouréma Condé, des acteurs politiques venus de la mouvance présidentielle, de l’opposition républicaine et de l’UFR.

La société civile, la CENI et le corps diplomatique accrédité en Guinée ont également pris part aux travaux, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Cette reprise du dialogue politique inter-guinéen intervient deux mois après les élections locales du 04 février 2018 et quatre jours après la rencontre entre le président de la République, Alpha Condé et le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, rencontre ayant permis de décrisper la situation politique du pays. Elle a duré 2 heures environ dans les locaux du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

Au sortir des travaux tenus à huis clos, le ministre Bouréma Condé, président du comité de suivi, a salué la présence effective de toutes les parties à cette réunion. Selon lui, ces différents acteurs ont unanimement décidé de prioriser le point relatif à la crise post-électorale qui a entrainé des remous ces dernières semaines dans notre pays. Il se félicite du climat dans lequel ces travaux ont démarré : « Dieu merci, nous nous sommes entendus : d’abord les réunions du comité de suivi ne seront pas espacées, elles se tiendront le plus régulièrement possible. (…). Les différentes formations autour de la table : UFR, l’opposition républicaine et la mouvance, chacun donc le mardi (10 avril 2018 Ndlr) nous fera parvenir ses griefs. Nous les mettrons sur la table par les plénières ; mais entre-temps les commissions techniques qui sont au nombre de trois grandes commissions au sein du comité de suivi, elles étaient huit au départ, au fur à mesure que nous évacuons les sujets, ces commissions là on les auto-centrer. Donc aujourd’hui il y a trois grandes commissions qui prennent en compte tous les problèmes soulevés dans le cadre du dialogue politique », a-t-il expliqué.

Du côté des acteurs politiques, c’est également la satisfaction. Le président du groupe parlementaire du RPG arc-en-ciel qui a parlé au nom de la mouvance présidentielle, s’est réjoui de la relance du dialogue. Il dit avoir fait quelques recommandations dont « l’application des points de l’accord politique de 2016 et aussi des recommandations fortes relatives aux résultats électoraux, le contentieux électoral. Aujourd’hui, on a discuté de la méthodologie du travail, chaque formation politique, la société civile et les observateurs ont fait des propositions, nous avons dégagé la méthodologie du travail. Ce qui doit être fait à l’Assemblée nationale sera fait, ce qui doit être fait ici sera fait par les différents comités, par les sous-commissions du comité de suivi », a déclaré Amadou Damaro Camara, précisant que cette première rencontre a pris fin sur une note de satisfaction.

Abondant dans le même sens, l’honorable Mamadou Cellou Baldé, membre de la délégation de l’opposition républicaine, s’est montré aussi satisfait de cette première rencontre : « Aujourd’hui c’était juste une réunion de cadrage. Ce qu’on peut retenir c’est que les blocs politiques en présence ont réitéré leur engagement à aller dans le sens de la mise en œuvre des conclusions issues du communiqué final des différents acteurs et du président de la République. La mouvance s’est déclarée en tout cas prête à accompagner la mise en œuvre de l’accord politique, et l’alliance républicaine également est revenue au niveau du comité de suivi, les acteurs se sont félicités, ça nous permet d’avoir un dialogue beaucoup plus inclusif. L’UFDG comme toujours, nous sommes disposés à aller dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord politique », a-t-il promis.

Comme ses prédécesseurs, Dr. Deen Touré de l’Alliance républicaine, a salué également la reprise des travaux du comité de suivi, et surtout de la participation de l’UFR à ces débats. « L’UFR devra naturellement apporter sa part de contribution, j’espère que nous ferons tous des compromis pour que nous proposions au pays, aussi aux citoyens une solution qui peut faire que la paix et le calme règnent dans notre pays. On ne peut rien faire sans cette confiance, on ne peut rien faire sans cette paix, on ne peut rien faire sans cette entente dans la diversité bien entendu. J’ai dit haut et fort que l’UFR s’engage à cela, l’UFR est un parti qui travaille au centre, et au centre il n y a pas raison de faillir, il faut travailler pour trouver des solutions », a laissé entendre le député de l’UFR.

S’exprimant au nom de la société civile, Dr. Dansa Kourouma a dit son optimisme quant à la résolution définitive de cette crise. « Nous avons écouté tour à tour l’opposition, la mouvance et l’UFR, qui ont réaffirmé la volonté de discuter dans une ambiance détendue et à mettre au-dessus des intérêts personnels l’intérêt des citoyens guinéens et à trouver des solutions très rapidement d’ailleurs. On s’est très réjoui, nous les avons encouragés à matérialiser en actes concrets les intentions formulées, parce qu’il ne s’agit pas que de s’engager, il faut aller jusqu’au bout », a notamment dit le président du conseil national des organisations de la société civile guinéenne.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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