Depuis la signature de l’accord politique entre la mouvance présidentielle et l’opposition républicaine, sous l’égide du ministère de l’administration du territoire, le 8 août dernier, l’installation des élus locaux tarde à être effective. Une situation qui n’est pas du goût de nombreux acteurs qui évoquent plusieurs raisons liées à ce retard. C’est le cas du député uninominal de Dixinn, Aboubacar Soumah qui pointe du doigt l’UFDG et le RPG. Il l’a dit à un reporter de Guineematin.com qui est allé à sa rencontre, ce mardi, 11 septembre 2018.

La signature de l’accord du mercredi 08 août 2018, au Qg de l’UFDG, (principal parti de l’opposition), a permis de mettre un terme au contentieux électoral né du vote du 04 février 2018 pour les élections locales en Guinée. Le ministère en charge de l’Administration du territoire et de la décentralisation tarde à passer à l’installation des conseillers élus.

En ce qui concerne le retard dans la mise en place des exécutifs communaux, Aboubacar Soumah, député et président du Parti Guinéen pour la Démocratie et l’Equilibre (PGDE), pense que « l’essentiel réside dans la loi électoral qu’on a. Au moment de l’adoption de cette loi, j’étais à l’UFDG, j’avais dénoncé cette loi. Je m’y étais farouchement opposé parce que c’est une loi qui n’était pas bonne pour la Guinée et pour les guinéens. Vous avez constaté pourquoi en ce moment là, les patriotes guinéens se sont opposés à cette loi ».

Par ailleurs, Aboubacar Soumah dénonce la classe politique, plus soucieuse de ses intérêts personnels que du bonheur du pays tout entier. « Je suis au regret de constater que l’élite politique guinéenne ne suit pas ou ne veut pas défendre l’intérêt supérieur. Elle veut défendre juste l’intérêt immédiat qui est à ses yeux ou qui est à quelques secondes de ses yeux, sans avoir une vision générale de la Guinée. Si non, rien ne sert de voter une loi inapplicable sur le terrain », soutient-il.

A la question de savoir comment cette loi électorale est inapplicable sur le terrain, ce nouveau venu au RPG Arc-en-ciel (parti au pouvoir, ndlr) répond que « c’est une loi qui prive d’abord le citoyen. Les quartiers ne sont pas des circonscriptions électorales politiques. Les quartiers doivent être l’affaire des citoyens dudit quartier. Mais, si nous politisons jusqu’au niveau des quartiers, ça veut dire qu’on a politisé les familles ; et si les familles sont politisées…En réalité, aujourd’hui la politique guinéenne n’est pas liée à l’émancipation politique des guinéens, mais concentrée sur l’ethno-stratégie. Si cette ethno-stratégie atteint les quartiers, elle atteindra obligatoirement nos familles…»

Selon Aboubacar Soumah, l’autre raison qui est à la base du retard dans la constitution des exécutifs communaux, s’explique par les combines entre l’UFDG et le RPG. « Un parti dit de l’opposition, qui est à la conquête du pouvoir, quelque soit sa puissance, ne doit pas pouvoir accompagner le pouvoir à violer la loi, ou obliger même le pouvoir à violer les lois de la République. C’est le cas de l’UFDG, il faut avoir le courage de le dire… Donc, l’histoire retiendra que c’est le RPG et l’UFDG qui ont voté cette mauvaise loi, qui est entrain de diviser aujourd’hui les familles guinéennes », accuse le député.

En outre, Aboubacar Soumah s’en prend aux deux plus grandes formations politiques de la Guinée, qui prennent en otage le paysage politique. « Souvenez-vous, malgré les décisions prises par le code électoral, qui dit que les tribunaux de première instance sont les derniers recours pour régler le contentieux, ils se sont dits de se partager les circonscriptions. Mais, dans quel pays sommes-nous ? Avec quels hommes politiques avons-nous à faire ? Nous vivons une pagaille, une anarchie qui ne dit pas son nom….C’est la première fois que j’apprends qu’une élection s’est effectuée et que les élus ne sont pas installés pendant sept (7) mois », s’indigne l’ancien député de l’UFDG.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. 628 17 99 17

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