Comme annoncé dans l’une de nos précédentes publications, l’opposition guinéenne a annoncé ce jeudi, 10 mai 2018, son retrait du comité de suivi de l’accord politique du 12 octobre 2016. C’était au cours d’une conférence de presse organisée par les adversaires du régime Alpha Condé pour dénoncer le harcèlement judiciaire dont ils disent être victimes et parler de la crise politique née du contentieux électoral, rapporte un journaliste de Guinematin.com qui a assisté à la rencontre.

Tout d’abord, le porte-parole de l’opposition, Alhouseiny Makanéra Kaké, a rappelé le nombre d’opposants arrêtés et détenus dans les différentes prisons du pays.

Sur la récente convocation des leaders politiques à cause des violences enregistrées lors de la dernière marche de l’opposition, Makanéra Kaké a rappelé que depuis 1992, les opposants manifestent dans notre pays ; mais jamais les responsables d’une commission d’organisation n’ont été convoqués devant les autorités.

« En 1992, la délégation du professeur Alpha Condé a été chassée à Maférinyah. Suite à cela, le doyen Bâ Mamadou avait demandé à Gomez (Alsény Réné Gomez, ministre de l’intérieur d’alors), le droit de pouvoir manifester à Mafinrinyah et à Pamelap. L’autorisation n’a pas été donnée. Nous étions obligés (sous l’impulsion du doyen Bâ Mamadou) d’aller exiger la possibilité pour monsieur Alpha Condé (opposant d’alors) d’avoir la liberté de circuler partout en Guinée », a expliqué Makanéra Kaké, tout en rappelant qu’il y avait eu à l’époque beaucoup de violences ; mais, qu’aucun des organisateurs n’avait été inquiété.

Concernant le contentieux électoral, le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, a dénoncé la « mauvaise volonté » de la mouvance présidentielle et du président du comité de suivi, le ministre Boureima Condé de trouver une solution.

Selon Cellou Dalein Diallo, tout le monde semblait être animé d’une volonté d’aller vers une solution de sortie de crise ; mais, au fur et à mesure que le débat évolue il y a une réduction de cette volonté. « La mouvance devenait fermée à toute proposition de sortie de crise. La délégation du RPG est devenue plus arrogante, fermée à tout esprit de dialogue et menaçant très souvent la délégation de l’opposition », accuse Cellou Dalein Diallo, qui annonce que le dernier recours dont lui et ses pairs disposent, c’est la rue.

Dans la foulée, les opposants annoncent donc la suspension de leur participation aux travaux du comité de suivi. Et, en attendant, ils réitèrent leur volonté d’organiser une journée « ville morte » le lundi prochain, 14 mai 2018.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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