Une bagarre entre conducteurs de mototaxis et agents de la police routière a eu lieu au carrefour Hamdallaye dans la commune de Ratoma. Roué de coups, les habits déchirés, l’adjudant Fodé Camara a porté plainte contre les motards qui ont répondu de leurs actes hier, jeudi 10 mai 2018, au Tribunal de Première correctionnel de Dixinn.

Les prévenus dans ce dossier sont Mamadou Djouma Barry, Mamadou Hady Diallo, Fodé Moussa Diallo et Ibrahima Barry. Ils sont tous poursuivis pour coups et blessures volontaires à l’encontre de l’adjudant Fodé Camara. Des faits qui se sont produits le 25 avril 2018 à l’occasion d’une révolte des conducteurs de taxi moto contre les agents de la police routière.

Selon nos informations, les taxi-motards manifestaient ainsi leur ras-le-bol contre la décision prise par le ministère de la sécurité, leur interdisant l’exercice de leur métier au centre-ville de Kaloum.

C’est à l’occasion de cette manifestation que les jeunes sont venus en grand nombre au rond-point de Hamdallaye où ils s’en sont pris aux agents de la police routière. Après des échanges de jets de cailloux entre les deux camps, des agents de la gendarmerie de Hamdallaye sont venus procéder à l’interpellation de certains manifestants.

A la barre du tribunal de Dixinn, l’adjudant Fodé Camara a expliqué sa mésaventure. « Ils étaient au moins une quarantaine. Ils sont venus nous encercler en grand nombre. Ils nous ont insultés en nous jetant des cailloux. Ils sont venus me prendre au collet. Ils ont enlevé mon béret et ma cravate. Ils ont déchiré la chemise de ma tenue en retirant mon appareil de communication qui coûte 700 mille francs guinéens. C’est le nommé Hady Diallo qui a enlevé mon béret et ma cravate. Et c’est lui qui m’a donné un coup au niveau de l’oreille. Il a été arrêté sur le champ », a-t-il précisé.

De son coté, le commandant Lamine Sangaré, entendu à titre de simple renseignement, a fait comprendre que le prévenu Fodé Moussa Diallo ne faisait pas partie des manifestants.

Quant aux quatre taxi-motards, ils ont rejeté en bloc les griefs portés contre eux. « On ne faisait pas parti de ce groupe de manifestants. On ne sait rien de cette affaire » ont-ils prétendu.

Prenant la parole, le procureur Mohamed Samoura dans ses réquisitions, a demandé de les retenir dans les liens de la culpabilité de coups et blessures. « Je vous demande de condamner Mamadou Hady Diallo à 6 mois d’emprisonnement et 500 mille francs guinéens d’amende ; Djouma Barry et Ibrahima Barry à 6 mois, dont 4 mois avec sursis. Pour Fodé Moussa Diallo, comme le commandant a dit dans ses témoignages qu’il ne faisait pas partie, il faut lui faire bénéficier de l’article 544 du code pénal guinéen en le relaxant purement et simplement ».

La défense, par la voix de maître Bombey Mara, va demander au tribunal d’accorder à ses clients de larges circonstances atténuantes, en les condamnant avec sursis.

Finalement, le Tribunal va condamner Mamadou Hady Diallo à 3 mois d’emprisonnement. De leur côté, Djouma Barry et Ibrahima Barry sont condamnés à 6 mois avec sursis. Fodé Moussa Diallo est relaxé pour délit non constitué ».

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 654 416 922/664 413 227

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