Comme annoncé précédemment les syndicalistes viennent de s’engager dans un nouveau bras de fer avec le gouvernement. La signature d’une convention de gestion du Port Autonome de Conakry pendant les trente prochaines années avec une entreprise turque est à l’origine du litige, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les membres de l’inter-centrale syndicale CNTG/USTG étaient en réunion ce lundi à la Bourse du Travail pour se pencher sur l’évolution de la grève générale et illimitée, déclenchée suite à la hausse unilatérale et impopulaire de 25 % du prix du litre du carburant à la pompe.

Mais, c’est de façon surprenante que des responsables du syndicat du Port Autonome de Conakry vont débarquer à la bourse du travail pour expliquer la situation délétère qui a prévalu au Port pendant la matinée. Aux dires de Cheikh Chérif Touré, secrétaire général dudit syndicat, lui et ses camarades avaient cadenassé les portails du Port avant que d’autres syndicalistes « corrompus » ne viennent ouvrir les lieux avec l’appui des forces de sécurité.

Interrogé sur les raisons de cette grogne, Cheikh Chérif Touré a dit que « ce qui est arrivé aujourd’hui au port est la suite de la grève de l’inter-centrale syndicale CNTG/USTG. Nous avons décidé de durcir le ton. Ce durcissement est causé par la signature d’un contrat par le port autonome sur instruction du président de la République. C’est ce qui explique qu’on ait décidé de durcir le ton ».

Interrogé sur le contenu de ce contrat qui donne la gestion du Port Autonome de Conakry à des Turcs, Cheikh Chérif Touré a expliqué que « le recrutement du personnel revient aux turcs. C’est à eux de recruter leur propre personnel et tout le personnel sera licencié. Les 800 travailleurs seront tous mis dehors. Donc, ceux-là vont recruter leurs employés : ça peut être des étrangers, des burkinabé, des sénégalais, des maliens et même des turcs. Dans ce contrat, il est dit que les Turcs ne payeront pas de taxes ni d’impôts pour une période de 10 ans. Et, ils vont exploiter le port sans faire des investissements. »

Devant cet état de fait, les responsables syndicaux du port réclament « l’annulation pure et simple de contrat, car le pays est régi par le principe de séparation des pouvoirs. S’il est vrai que c’est à l’exécutif de faire un projet de loi dans ce sens, il appartient aussi à l’Assemblée nationale d’examiner ledit contrat et de le ratifier. Mais, si trois individus se réunissent dans un bureau pour signer un contrat de façon unilatérale, sans le consentement des travailleurs ou des membres de la direction sectorielle ou du peuple de Guinée, c’est une vente. Puisque, selon le contrat, dans les recettes du port, la Guinée n’a que 18% ».

Quand ce compte-rendu a été fait par Cheikh Chérif Touré, les responsables de l’inter-centrale syndicale CNTG/USTG étaient plus que jamais ébahis. Mamadou Mansaré et Louis Bemba Soumah ont parlé au point de fondre en larmes. « C’est une partie de notre chair qu’on est entrain de couper. Mais, nous irons jusqu’au bout. Nous n’allons jamais reculer », a dit Mamadou Mansaré.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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