Le procureur Sidiki Camara

Depuis l’inculpation le lundi 09 Avril 2018, par la justice du prédicateur et enseignant en langue arabe à l’école franco arabe de Soïdè centre, dans la sous-préfecture de Porédaka pour le viol d’une de ses élèves âgée de 12 ans, la famille de la victime serait embêtée voire harcelée par certains citoyens de Soïdè pour qu’elle désiste de sa plainte au profit d’un règlement du problème à l’amiable, appris un correspondant de Guineematin.com à Mamou.

Selon des proches de la victime, contactés au téléphone, des individus ne cessent de se succéder dans la famille de FND pour plaider la cause de Oustage Ibrahima Diogo Diallo qui croupit actuellement à la maison centrale de Mamou, en attendant son éventuel procès pour le viol d’une mineure de 12 ans, qui se trouve être son élève à l’école franco arabe de Soïdè centre.

« Les gens viennent tous les jours pour nous demander de pardonner Oustage Diogo. Ils nous disent de retirer notre plainte afin qu’on règle le problème en famille. Il y a même des gens très respectables de notre village qui sont venus nous parler de ça. Ils disent que Oustage Diogo est un grand prédicateur ; donc, on ne doit pas l’humilier en le mettant en prison. Nous, on souhaite que ce monsieur soit jugé pour le mal qu’il a causé à notre famille. Car, il a tripoté une fille innocente. Il a fichu en l’air son avenir. Mais, c’est très difficile pour nous de faire face à tout ce monde qui nous harcèle », a expliqué au téléphone de Guineematin.com une proche de la victime.

Un désistement de la partie civile (famille de la victime) pourrait il interrompre la procédure judiciaire en cours dans ce dossier au parquet du tribunal de première instance de Mamou ?

Selon le procureur Sidiki Camara, à partir du moment où on parle de viol, on est déjà en matière criminelle. Et, dans ce cas de figure, « le désistement de la partie civile n’entraîne pas l’extinction de l’action publique. L’article 5 du code de procédure pénale dit que la renonciation à une action civile ne peut sous réserve des cas visés à l’article 2 (du présent code), ni arrêter, ni suspendre l’exercice de l’action publique. Ça veut dire que même si la partie civile venait à désister de sa plainte, nous, en tant que ministère public, nous allons continuer à poursuivre », a expliqué le procureur de la république près le tribunal de première instance de Mamou.

A noter que l’Article 2 du code de procédure pénale dispose, entre autres, que « l’action publique pour l’application de la peine s’éteint par la mort du prévenu, la prescription, l’amnistie, l’abrogation de la loi pénale et la chose jugée ».

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

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