Préfecture de TéliméléLa préfecture de Télimélé, considérée comme « un modèle mondial de lutte contre Ebola », est de nouveau confrontée à des cas probables de cette grave maladie. Un enfant et un adulte sont décédés la semaine qui s’achève. Deux malades sont arrivés au centre de traitement de Donka et au moins 25 contacts sont déjà recensés par les médecins de l’hôpital préfectoral… 

Le maraboutage et le mysticisme qui fait propager Ebola…

La rumeur a commencé à circuler il y a quelques jours entre Conakry et Télimélé. Selon les informations confiées à Guineematin.com, un membre d’une famille de Bheygol, sous préfecture de Sarékaly, préfecture de Télimélé est décédé il y a plus de dix jours dans la périphérie de Conakry, à Kountiyah (CBA), sous-préfecture de Manéyah, préfecture de Coyah. Mais, comme toujours, les voisins du quartier avançaient d’autres arguments ; notamment l’utilisation des moyens mystiques par l’un pour tuer l’autre afin de gérer des fonds qui auraient été versés par le pouvoir suite à la démolition d’une habitation de la famille pour implanter des poteaux électriques…

Le voyage de la maladie à Télimélé

Environ une semaine après ce décès, le grand frère a fait embarquer les deux veuves du défunt pour le village (Bheygol), le samedi 29 novembre, avant de les rejoindre le lendemain, dimanche 30 novembre. Le surlendemain de son arrivée, le mardi 2 décembre, le bébé de moins de deux ans d’une des veuves a rendu l’âme et a été enterré sans attirer trop l’attention. Et, avant-hier, donc trois jours après le décès de ce bébé, le grand frère du défunt (arrivé dimanche au village) est décédé lui aussi…

Au même moment, à Conakry, le médecin qui s’occupait du premier défunt serait tombé malade et aurait disparu et certains membres de la famille restée à CBA ont également développé la maladie. Mais, toujours se disant que c’est « la main de l’autre » qui les rendait malade, ils auraient choisi de se taire pour éviter d’être pris pour des « malades d’Ebola ». Certains auraient même quitté le domicile pour éviter d’être indexé par le voisinage…

La réaction urgente des autorités préfectorales et sanitaires

Depuis le début des rumeurs consécutives à ce deuxième décès à Bheygol, vendredi, le préfet de Télimélé et le directeur de l’hôpital préfectoral (directeur de la santé par intérim) ont envoyé des équipes dans ce village difficile d’accès. Malheureusement, à l’arrivée des équipes médicales, le défunt avait déjà été enterré par la communauté. Ce qui augmente les risques de propagation de la maladie, si Ebola est bien confirmée comme la cause. Sur place, 25 contacts ont été recensés. Mais, le plus difficile a été de retrouver les deux veuves du défunt de Conakry qui étaient, elles aussi, déjà malades. Le sous préfet de Sarékaly aurait même utilisé des menaces d’arrestation, face au refus catégorique de collaboration du village qui ne voulait pas « livrer » les veuves.

Ayant quitté la nuit dernière le village, les deux veuves, malades, sont arrivées vivantes ce dimanche matin (7 décembre 2014) au centre de traitement d’Ebola à Donka et les résultats des prélèvements permettront de mieux comprendre comment gérer les autres contacts probables.

Le manque de moyens et la nécessité de mobilisation des fils et filles de Télimélé pour éviter la catastrophe 

Hier déjà, suite à des échanges téléphoniques hier entre les ressortissants, le préfet, et le directeur de l’hôpital préfectoral, une alerte a été donnée à tous les ressortissants, une première réunion d’urgence en téléconférence de certains membres du bureau de la Coordination internationale pour le développement de Télimélé (CIDT) a permis de rapprocher, recouper et partager les informations entre certains ressortissants de Télimélé vivants à Conakry, Bruxelles, Paris, New-york, etc. Et, la disponibilité d’un petit fonds de veille du bureau des ressortissants de Télimélé à Conakry a permis l’acheminement à Télimélé de la première aide d’urgence.

L’appel à a mobilisation urgente et générale

Comme en milieu de cette année, lorsque la maladie à virus Ebola s’est déclarée à Sogoroyah, la coordination internationale pour le développement de Télimélé (CIDT) a demandé à tous les fils et à toutes les filles ressortissants, amis et sympathisants de faire le peu qu’ils peuvent pour soutenir les équipes médicales et les autorités locales dans leurs efforts pour éviter une propagation dangereuse de cette grave maladie dans la préfecture.

A rappeler que les fils et filles de Télimélé espère surtout une réaction rapide et efficace de la coordination nationale de lutte contre Ebola et surtout du gouvernement pour soutenir les médecins et autorités locales de Télimélé qui n’ont que de très faibles ressources dans cette préfecture parmi les plus pauvres du pays.

En attendant cette réaction gouvernementale très attendue, après avoir recommandé le réveil du comité local de lutte contre Ebola à Conakry, présidé par Elhadj Alseyny Diallo (président des ressortissants de Télimélé à Conakry et chargé de suivi-évaluation de la CIDT), le message envoyé aux ressortissants de Télimélé par la CIDT est qu’il faut que chacun mobilise de son côté sans attendre d’être personnellement contacté comme si c’était un évènement heureux ou une cérémonie organisée… « Un surprenant et très grave danger menace notre préfecture où beaucoup de parents imputent les maladies aux marabouts et aux diables, chacun doit être le mobilisateur et non attendre d’être mobilisé »…

Nouhou Baldé

Quelques images de Télimélé :

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