« En ces moments de communion, je voudrais évoquer le souvenir impérissable de tous les africains qui ont résolument décidé de prendre en main leur destin solidaire, afin de faire de leur continent, un acteur majeur et respecté dans la gestion des affaires mondiales », introduit Hady Barry, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, le discours du Gouvernement guinéen, à l’occasion du 55 anniversaire de l’OUA, devenue UA.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de ce discours de monsieur Hady Barry

Chers compatriotes,

C’est avec beaucoup d’enthousiasme, sous-tendu  par une fierté légitime, que je prends la parole à l’occasion de la célébration de ce 55ème anniversaire de l’OUA/Union africaine.

En ces moments de communion, je voudrais évoquer le souvenir impérissable de tous les africains qui ont résolument décidé de prendre en main leur destin solidaire, afin de faire de leur continent, un acteur majeur et respecté dans la gestion des affaires mondiales.

Je mesure l’immensité des défis à relever, tout en me réjouissant des avancées parfois historiques à capitaliser, enregistrées par notre organisation, dans la trajectoire de la matérialisation de ses nobles objectifs.

Chers compatriotes,

Aujourd’hui, l’Afrique est à la croisée des chemins.

Elle fait sienne de la nécessité de parler d’une même voix, malgré une conjoncture internationale particulièrement défavorable, pour raffermir son unité et participer à l’avènement d’un monde plus juste et plus équitable, propice à une coopération mutuellement avantageuse, respectueuse de l’identité et des valeurs africaines.

En effet, elle s’emploie à lutter contre les nombreux conflits, la pauvreté, le terrorisme et l’extrémisme violent, la traite des êtres humains, les réfugiés et les personnes déplacées, le chômage des jeunes, la migration illégale, les conséquences des changements climatiques, les catastrophes naturelles et les grandes épidémies, source de préoccupation pour les Etats et les populations.

Pour y remédier, plusieurs efforts ont été déployés pour relever ces nombreux défis qui provoquent l’érosion du tissu économique, social et culturel, et menacent la souveraineté et l’intégrité territoriale de nos Etats.

Parmi ces efforts figurent :

  • La mise en œuvre de l’Architecture continentale de paix et de sécurité (APSA) et de la Feuille de route principale de l’UA sur les étapes pratiques pour « Faire taire les armes en Afrique d’ici 2020 ».
  • La mise en œuvre de l’Agenda 2063 adopté en 2013 et de son premier plan décennal.
  • Les efforts pour l’atteinte des objectifs du développement durable.
  • L’élaboration de la Charte sur la sécurité et la sûreté maritime débouchant sur l’application de la stratégie maritime, intégrée de l’Afrique à l’horizon 2050.
  • L’adoption de la Position commune africaine sur les principales thématiques mondiales.
  • L’Initiative Africaine pour les Energies Renouvelables.
  • Les initiatives en faveur de la promotion de la jeunesse et l’autonomisation des femmes.

Chers compatriotes,

Le thème choisi par le 30ème Sommet de l’Union africaine pour cette année est : « Vaincre la corruption : une option durable de transformation de l’Afrique ».

Le choix de ce thème interpelle sur l’impérieuse nécessité de consolider et de rationaliser les institutions africaines, leur permettant ainsi de jouer le rôle qui leur est dévolu dans la construction d’une Afrique unie, stable, intégrée, forte et prospère.

Il s’agit d’une Afrique résolument tournée vers l’Etat de droit et la bonne gouvernance, une Afrique qui par sa bonne gestion, assurera son autonomie alimentaire et énergétique, tout en créant les conditions de mobilité des personnes et des biens.

C’est en cela qu’elle saura endiguer la pauvreté et les grandes pandémies, valoriser son riche patrimoine culturel et historique, poursuivre la tendance positive à la croissance, tout en bâtissant des partenariats viables et durables, pour enfin occuper la place qui lui revient dans le concert des nations.

Par ce biais, elle pourra en outre, assumer pleinement ses responsabilités dans l’extinction des conflits, la préservation de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement solidaire du continent.

Chers compatriotes,

La corruption est considérée, avec la pauvreté et le chômage comme l’un des plus grands défis auxquels notre continent se trouve confronté en matière de bonne gouvernance.

Elle constitue un frein à une croissance économique durable, à la paix, à la stabilité et au développement.

Elle représente un obstacle de taille à l’émergence des économies africaines, parce qu’elle décourage les investissements étrangers, crée des inégalités au niveau des répartitions des ressources et de la concurrence sur le marché.

La corruption est un facteur d’aliénation de la personnalité humaine. Elle plombe l’effort de développement national, par le blocage des différents projets et programmes de développement.

Elle représente une entrave dans la mise en œuvre des différents instruments juridiques et internationaux.

La corruption crée des dysfonctionnements graves dans l’appareil administratif, provoque une saignée importante dans le tissu économique, social et financier en entraînant un déficit budgétaire. Elle porte atteinte à la crédibilité internationale des pays vis-à-vis des organisations et institutions internationales ainsi que dans les relations de coopération avec les partenaires bilatéraux.

Chers compatriotes,

Au regard de toutes les répercussions négatives de la corruption sur le plan économique, social, éducatif et politique, les autorités à tous les niveaux, les populations et toutes les parties prenantes doivent faire de la lutte contre ce fléau, un axe prioritaire de leurs stratégies de développement.

Pour éradiquer la corruption ou la diminuer de façon drastique, il faut une volonté politique affichée et matérialisée par la mise en œuvre efficace d’instruments de bonne gouvernance, comme les Conventions des Nations Unies.

A cet effet, force est de saluer l’Union africaine qui a pris quelques initiatives. Il s’agit notamment de l’élaboration d’un cadre régional de lutte contre la corruption avec la mise en place du Conseil consultatif de l’Union africaine sur la corruption, l’adoption de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption.

Des efforts doivent également être consentis  pour mettre fin à l’impunité  sous toutes ses formes, en renforçant les capacités, notamment les institutions judiciaires nationales, sous-régionales et continentales, tout en assurant la reddition des comptes.

Il faut également prôner la mise en place dans les Etats des mécanismes nationaux, pour promouvoir la bonne gouvernance et lutter contre la corruption.

Il convient de signaler à ce niveau, que notre pays a enregistré d’énormes progrès dans cette option, avec la création de l’Agence nationale de lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance.

Chers compatriotes,

La transformation structurelle de l’Afrique ne peut être effective sans une prise de conscience totale et effective des dirigeants et des populations. Cette transformation nécessite, outre la participation des gouvernants, mais aussi celle de la société civile et des citoyens africains patriotes.

C’est pourquoi, j’en appelle à davantage d’engagement individuel et collectif, afin de bâtir les structures de la bonne gouvernance au sein de nos Etats et  œuvrer pour faire de l’Afrique, un continent émergent, débarrassé de toute corruption.

Une telle vision est le gage de succès du combat que le continent mène, pour réaliser  son développement intégré et prospère et pour éviter sa marginalisation sur la scène internationale.

Au demeurant, les acquis positifs engrangés lors de la Présidence en exercice de l’Organisation continentale de Son Excellence Professeur Alpha CONDE, Président de la République, ont suscité assez d’espoir.

Ce mandat qui s’est déroulé sous le sceau de la différence, de l’innovation et du dynamisme éclairé, représente une contribution historique au combat que l’Afrique mène pour la paix, l’intégration, son unité, sa prospérité et sa renaissance dans le concert des nations.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Hady Barry, Secrétaire Général du ministère des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger

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