Guineematin.comA l’occasion d’une conférence de presse tenue dans la soirée de ce lundi 8 septembre 2014, le ministre de la Justice, garde des sceaux, maître Cheick Sacko, a annoncé sa volonté de mettre fin aux affectations discrétionnaires des magistrats par l’exécutif, a assisté guineematin.com

« Un magistrat n’est pas un fonctionnaire comme les autres. Je l’ai dis dès ma prise de fonction. Dans notre pays, malheureusement, depuis l’indépendance, le magistrat était considéré comme un fonctionnaire lambda. Ils étaient affecté ou muté un peu de façon discrétionnaire par l’exécutif, par le garde des sceaux, voir par le Président de la République. On a essayé d’arrêter tout ça, parce que quand on veut construire un Etat de droit, il faut commencer par là. Ce n’est plus le Président de la République, non plus moi-même, de façon automatique qui va, parce qu’un soir je me suis mal réveillé, prendre un arrêté ou proposé un texte au Président pour enlever un magistrat. Ça, c’est fini maintenant », a-t-il entamé.

Pour le ministre de la Justice, tout mouvement de magistrat va supposer un certain nombre de conditions qu’on appelle critères dans le jargon sur lequel le garde des sceaux va se fonder pour faire ses propositions.

« Les gens pensent que ça va se faire comme ça se faisait avant, entre deux portes, c’est à dire, dimanche chez le ministre ou chez la sœur ou la tente du ministre, ça c’est fini ça. Les choses se feront dans la transparence et j’ai l’habitude de prendre mes responsabilités. J’ai dirigé un barreau de 1000 avocats où j’ai pris mes responsabilités où des avocats ont été radiés à Montpellier, mais on n’en est pas là, je suis Guinéen, concernant les magistrats je prendrais mes responsabilités en matière de sanction comme en matière d’affectation », promet le ministre Sacko. Affirmant ainsi que dans le cas d’espèce, il a la responsabilité de faire ce mouvement, en âme et conscience.

S’agissant des huit critères retenus dans le cadre de ce mouvement des magistrats, le ministre de la justice a parlé de critères liés à l’ancienneté dans la fonction de magistrat et au poste occupé. C’est aussi la promotion et le positionnement des jeunes. La situation des femmes, c’est-à-dire l’état matrimonial et familial ; des malades qui, surtout ne peuvent plus assumer leurs responsabilités.

L’autre critère retenu par le ministre Cheick Sacko est la formation : « Quand on est magistrat, on ne doit pas croiser les bras. Chaque fois qu’on a une opportunité, on doit faire une formation continue dans un domaine ou dans un autre », dira-t-il.

Les deux derniers critères cités par le ministre sont ceux liés à l’appartenance géographique et à la qualité : « Je ne veux pas nommer un magistrat originaire de Siguiri à Siguiri, originaire de Mali à Mali, etc. On tombe un peu dans ce magma de connivence familiale, d’amitié, d’enfance qui va au détriment de l’efficacité professionnelle et du professionnalisme. Aucun magistrat ne sera muté à un poste inférieur à celui qu’il avait au moment où il a été élu », rassure le ministre.

Mamadou Alpha Baldé

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