Le corps sans vie d’un jeune homme a été retrouvé mercredi soir à Bathè Nafadji dans la préfecture de Kankan. Ce jeune serait une victime de plus de l’affrontement qui a opposé des habitants de deux villages de cette sous-préfecture la semaine dernière, a appris le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Lancei Kanté, 18 ans, était porté disparu depuis le 19 mai dernier, date à laquelle un violent affrontement a opposé des habitants des districts de Salimoussaya et de Madina dans la sous-préfecture de Batè Nafadji qui se disputent une plaine agricole. Le jeune homme a été retrouvé mort et son corps a été inhumé, témoigne le sous-lieutenant Lamine Bayo de la 3ème région militaire de Kankan qui est le chef de la mission mixte de maintien d’ordre composée de la gendarmerie et de la police : « On m’a informé depuis la nuit du dimanche, mais c’est hier qu’on a retrouvé le corps à 21h 25min, j’ai donné l’ordre de sécuriser le corps jusqu’au matin en attendant la hiérarchie. L’autorité préfectorale nous a dit que la Croix-Rouge doit venir pour faire leur travail », a-t-il dit, ajoutant que la Croix-Rouge est allée s’occuper de l’inhumation de ce jeune homme à Salimoussaya, son village.

Selon Bérété Moussa, président du district de Salimoussaya, le conflit domanial qui oppose ces deux districts a commencé depuis l’an 2000. Il indique que l’affaire a même été portée devant la justice qui a tranché en faveur de sa localité : « Ce conflit domanial a débuté en 2000, il a eu un jugement en première instance, puis devant la cour d’appel. La cour d’appel avait tranché en reconnaissant l’appartenance de la plaine à Salimoussaya, des issues de justice sont venus faire l’exécution de cette décision, tous les papiers sont là. Depuis, on exploitait paisiblement cette plaine jusqu’en 2016, lorsque les gens de Madina ont envoyé des bœufs pour détruire les champs des habitants de Salimoussaya. C’est ce qui a donné naissance à cette situation actuelle », a-t-il raconté.

Après cette localité, nous nous sommes rendus également dans le district de Madina. Mais sur place, un silence de cimetière règne actuellement. Tous les habitants, à l’exception de trois personnes très avancées en âge, ont fui le village par peur d’être arrêtés par les agents des services de sécurité venus de Kankan.

Plusieurs personnes ont déjà été arrêtées et conduites à Kankan suite aux violences du 19 mai dernier qui ont fait désormais un mort, plusieurs blessés dont certains par balles et des disparus.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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