Elhadj Boubacar Siddy Baldé est planteur. Il était un riche et influent monnayeur avec des bureaux à Dubaï, à Libreville au Gabon, à Lomé au Togo, à Dakar au Sénégal, à Labé et Conakry en République de Guinée.Dans son village à Nyampiya dans le district de Madina Guilédji à Koumbia (Gaoual), l’homme se montre généreux, voir très généreux. Il a construit une école franco arabe de trois classes, trois appartements pour les professeurs et pris en charge pendant cinq ans le personnel. A côté, il décidé de créer une vaste plantation de 12 ha. Il développe également l’élevage. Il vous livre ici son secret de sa conversion de monnayeur au métier de planteur.

Entretien…

Pourquoi vous avez choisi de venir dans ce métier alors que vous étiez monnayeur bien établi à Dubaï ?

C’est un choix, car j’ai réalisé que le développement d’un pays passe par là. Il faut qu’on travaille la terre. Au Maroc par exemple où j’ai été à Agadir, ce que j’ai vu est révoltant pour nous. Imaginez-vous qu’ils puisent l’eau à partir de 100 m de profondeur mais ils ont des plantations à perte de vue. Ce qui crée beaucoup d’emplois pour les populations et ça vivre très dignement les planteurs et l’ensemble des acteurs impliqués. Ils produisent des fruits de toutes sortes pour les exporter un peu partout à travers le monde, même en Guinée. Voilà la source de ma motivation. J’ai décidé alors de venir m’investir chez moi pour aider les populations.

Qu’est ce que vous avez dans votre plantation ?

J’ai mis trois mille plants d’orangers et quelques milliers d’anacarde. Le tout dans une superficie de 12 ha grillagés. Vous avez également à côté 6 autres ha destinés à l’élevage des bœufs et de moutons. J’ai fait des forages à l’intérieur, des bassins et des motopompes pour l’arrosage. J’ai des employés qui s’en occupent tant bien que mal à entretenir les plants et les animaux.

Comment vous parvenez à entretenir votre plantation contre les feux de brousse ?

C’est un problème entier à ce niveau. La plantation a été ravagée par deux fois par le feu. Les gens qui assuraient la surveillance n’ont pas bien fait le travail. Je les payais, ils me demandaient des avances mais le travail n’était jamais bien fait.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans ce travail ?

La principale difficulté c’est le manque de travailleurs. Moi je suis prêt à leur créer toutes les conditions mais eux, ils travaillent tant que tu es présent. Dès que tu tournes le dos, ils désertent et ils abandonnent le travail. Après ce constat, j’ai décidé de venir m’installer ici. En deux mois, le travail fait est supérieur à celui réalisé en six ans sur le terrain. A côté de cette plantation, vous élevez aussi.

Comment est ce que vous parvenez à relier les deux activités ?

C’est vrai, comme je l’ai dit plus haut j’ai un domaine de six ha réservé à l’élevage. Il y a dedans des bovins et des ovins. J’ai des bouviers pour la surveillance et ça commence à aller dans le bon sens là également.

Qu’est ce que vous attendez de vos activités de planteur et d’éleveur ?

Comme je vous l’ai dit, mon intention est d’aider les populations. Autrement dit, je veux servir nos compatriotes. Si les orangers commencent à donner, c’est beaucoup d’emplois qui se créent. Avec les animaux élevés, c’est également un plus pour la localité. En plus de l’emploi il y a les retombées économiques et financières. C’est qui peut développer une localité, c’est qui peut développer un pays. Ce n’est pas du commerce. En commerce, on peut perdre et devenir misérable. Mais avec la terre, on est toujours gagnant. Et mieux, avec l’agriculture, on peut freiner l’exode rural, on peut empêcher les jeunes à suicider dans le désert ou en méditerranée à la recherche de l’eldorado. Je pense que nos dirigeants devraient concentrer leurs efforts à ce niveau.

Entretien réalisé par Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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