Mohamed Kouroumah PDG de la société Hamana

Mohamed Kouroumah
PDG de la société Hamana

Société Hamana- Etat guinéen : « Alsseny Barry doit à l’Etat 22 milliards francs et Chérif Bah doit également 70 milliards. Personne d’entre eux n’a été mis en garde à vue ! Pourquoi moi ? », se demande Mohamed Kouroumah, PDG de la société Hamana.

Accusé dans une affaire de détournement des deniers publics, l’homme d’affaires, Mohamed Kourouma, PDG de la société  Hamana, était ce vendredi 22 août, devant la presse guinéenne à la maison commune des journalistes, sise à Coléah. L’objectif était de donner sa part de vérité sur le contentieux qui oppose sa société, Hamana, à l’inspecteur général d’Etat, Massoud Oumar Thiam.

Prenant la parole, Mohamed Kourouma, PDG de la société Hamana est revenu sur l’origine du dossier : « cette  affaire remonte en 2007 avec le gouvernement de consensus, quand Lansana Kouyaté était le Premier ministre, chef du gouvernement. En effet, dans son programme d’urgence de soulager le panier de la ménagère au mois de Ramadan, l’Etat, à travers le ministère du commerce, a acheté avec la société Hamana ,7500 TM de poudre de sucre. Cette quantité était stockée dans mon magasin à Matam et le ministère du commerce s’est chargé de sa vente à la population et non à Hamana» explique-t-il

Pour donner plus d’information, le PDG de Hamana ajoutera : « Après avoir réglé tous les détails liés à cette opération, je suis allé en Angola pour une affaire. Mais, à mon absence, le ministère du commerce a procédé à un rapprochement contradictoire entre les inspecteurs chargés de la vente et mes magasins. Au cours du pointage, un bon de livraison a été récusé par les inspecteurs au motif que leur signature a été imitée, malgré l’existence du cachet du ministère sur le document »  dit-il, avant d’ajouter avoir pris l’engagement de régler le bon récusé dont le montant s’élevait à un milliard neuf cent soixante deux millions six cent mille francs (1 962 600 000 GNF).

Pour le patron de la société Hamana, le retard chez lui de payer ce montant,  était dû aux marchandises d’une valeur deux milliards (2 000 000 000 GNF) qu’il a importé et qui a été enlevé par erreur par des agents du dépôt des douanes. « À cet effet, j’ai demandé à la douane de me  payer. Le département des finances m’avait conseillé de porter  plainte, et c’est  ainsi que je l’ai fait ».

Selon Mohamed Kourouma, ce dossier était clos et c’est à l’arrivée de Dadis, en 2009, que la commission d’audit est revenue sur le dossier et quand il a présenté les preuves, cette dernière lui aurait demandé de payer juste une partie, c’est-à-dire huit cent cinquante millions de francs (850 000 000 GNF) et elle a promis de procéder à une compensation pour le reste du montant. Et, le dossier a été déposé à l’agent judiciaire de l’Etat.

Plus loin,  le boss de Hamana accuse l’Etat guinéen  de lui devoir de l’argent avant de revenir sur les conditions de son arrestation. « L’Etat me doit plus que je ne lui doit », dit-il, avant d’expliquer : « En juillet 2011, le gouvernement, à travers son ministère du commerce, a commandé auprès de notre société 15 000 tonnes de riz blanc et 21 700 tonnes de sucre. Avec cette commande, nous avons demandé la signature d’un contrat, le ministère nous a dit qu’aucun contrat ne sera fait tant que les marchandises ne seront pas à Conakry. L’Etat me doit 31 milliard 500 millions », précise le patron de Hamana

Elhadj Mohamed Kourouma qualifie son arrestation  d’un  règlement de compte  «  Alsseny Barry  qui est le gros débiteur doit à l’Etat 22 milliards de francs (22 000 000 000 GNF) et  l’ex gouverneur de la banque centrale (BCRG), Cherif Bah doit, à son tour, 70 milliards de francs (70 000 000 000 GNF). Mais, ils n’ont jamais fait l’objet de garde à vue, ni de prison ! Pourquoi moi ? Ce que je qualifierai d’abus de pouvoir », déplore-t-il

Assy Diallo

 

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