Nous sommes à moins de dix jours de la fête de du mois de Ramadan. Les ateliers de couture commencent déjà à enregistrer des plaintes à cause d’une conjoncture de plus en plus compliquée. Pour s’enquérir de l’ambiance qui y règne à l’approche de la fête, un reporter de Guineematin.com a sillonné certains ateliers.

Dans les différents centres sillonnés, les plaintes tournent autour de la rareté des clients, la cherté des prix, le respect des délais conclus entre client et tailleurs, le comportement de certains clients, les coupures intempestives du courant électrique…

Selon Lanasana Savané, tailleurs à Dixinn, les clients ne fourmillent pas dans son atelier de couture. Il explique cela par le fait que « le pays n’est pas ouvert. Si le pays était ouvert à l’image du Sénégal ou en Côte d’Ivoire, les tailleurs allaient avoir de contrats et dans ce cas il n’y aura pas de chômage. Mais ici, comme il n’y a pas d’activités, les gens n’ont pas d’argent, les clients ne foisonnent pas dans les ateliers de couture. Si vous voyez que les clients se plaignent de la cherté des prix, c’est parce qu’ils n’ont pas d’argent. Sinon, les prix sont abordables », a expliqué maître Savané.

Quant à Aboubacar Barry, c’est le manque d’électricité qui le met mal à l’aise à l’approche de cette fête. « Nous, nous passons par tous les moyens pour payer les factures qu’ils nous imposent, mais eux à leur tour, ils ne nous envoient pas le courant. Il y a un manque de suivi total. Quand il y a coupure, ils ne viennent pas arranger. Parfois, ils viennent dire qu’ils ne montent pas sur les poteaux, pourtant nous payons les factures correctement, on n’a pas de crédit envers eux. A côté du manque de courant il y a aussi le manque de respect. Ils ne nous respectent pas, pourtant on paye régulièrement les factures. S’il n’y avait pas cette coupure, aucun client n’allait se plaindre », soutient Aboubacar Barry.

De l’autre côté, le tailleur évoque le manque d’argent des clients qui ne viennent pas prendre leurs habits à temps. « Les clients accusent les tailleurs. Pourtant, c’est eux-mêmes qui donnent l’occasion aux tailleurs de mentir. Nous passons tout notre temps à coudre leurs habits, mais ils ne viennent pas les récupérer à temps. Cela joue et sur notre sur notre programme et sur notre économie et nous fait aussi perdre tout espoir », a-t-il souligné.

La cliente Issa Bobo Bah se dit soulagée cette fois-ci car ses trois complets envoyés chez son tailleur Savané n’ont pas accusé de retard. « J’ai pu récupérer à temps mon complet et les deux complets de mes enfants. Je suis vraiment soulagée cette-fois ci », a-t-elle confié.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 654 416 922/664 413 227

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