Lama Sidibé

Lama Sidibé, artiste

« Il a demandé aux employés de servir tous les clients à sa charge. Après avoir fait les calculs de sa commande, ça s’élevait à 4 millions et quelques francs guinéens. Mais, il m’a dit qu’il réside à Zurich (en Suisse) et qu’il ne connait pas le franc guinéen. Il a dit qu’il va me payer le tout en euro, le lendemain », s’est plaint le DG d’un complexe de loisir contre un de ses anciens clients.

Les débats relatifs au fait d’escroquerie, porté contre le prévenu Bachir Bah, a débuté hier jeudi 15 septembre 2016, au Tribunal de Première Instance de Dixinn, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Ces faits se sont déroulés le jeudi 26 juillet 2016, dans le grand bar dénommé « Complexe des intimes », sis à Lambanyi, dans la commune de Ratoma. Selon la victime, Alpha Ibrahima Bah, Directeur Général de ce complexe de loisir, c’est dans la nuit du jeudi 26 que Bachir Bah, accompagné de deux de ses amis, est venu se divertir dans ce complexe. Au cours de la nuit, explique le plaignant, Bachir Bah a fait une commande d’aliments, de boisons alcoolisées et non alcoolisées, sachant bien qu’il ne possédait aucun franc.

« Il a demandé aux employés de mon restaurant de  servir tous les clients à sa charge. Après avoir fait les calculs de sa commande, ça s’élevait à 4 millions et quelques francs guinéens. Mais, il m’a dit qu’il réside à Zurich (en Suisse) et qu’il ne connait pas le franc guinéen. Il a dit qu’il va me payer le tout en euro, le lendemain », a Alpha Ibrahima Bah, à la barre.

Poursuivant sa narration, le plaignant a dit que ce jour, Bachir Bah qui était maître des lieux, a pris le micro et a promis publiquement des véhicules 4×4  aux  trois artistes qui étaient dans les locaux, à savoir Lama Sidibé, Abdoulaye Keita, et Koroum Boké.

 Reconnaissant en partie les faits qui lui sont reprochés, le prévenu dit qu’il n’a pas lancé une commande pour tous les clients. Selon lui, il est rentré dans ce complexe avec une somme de 1 900 000 francs guinéens. C’est ce montant, selon lui, qu’il a consommé avec ses amis et les trois artistes qui étaient présents jusqu’à ce qu’il lui est resté 40 000 francs guinéens. Il ajoute qu’au moment où il s’apprêtait à rentrer, Lama Sidibé lui a dit qu’il avait faim : « c’est ainsi que j’ai appelé le gérant du complexe, Alpha Ibrahima Bah pour lui demander encore de les servir chacun un plat avec poison et un carton de bière. C’est ce qui fut fait. Étant ravi donc du service et l’honneur qu’il m’a rendu devant les artistes,  j’ai proposé de le payer les plats et le carton, plus son cadeau, le  lendemain à 600 euros.  En plus, j’ai pris un million de francs guinéens avec lui pour donner à ma copine qui devrait partir à Kindia, et 200 000 francs que j’ai remis à Lama Sidibé et Abdoulaye Keita pour leur carburant », a narré le présumé escroc.

Concernant l’achat des véhicules 4×4 pour les artistes et le remboursement des 600 euros et de 1 200 000 francs guinéens,  le prévenu a utilisé toutes sortes de manœuvres, a dit le plaignant.  «Il m’a pris avec les artistes pour aller à la banque en ville. En route, il a appelé un cambiste pour lui dire de lui garder 100 000 euros et 150 millions de francs guinéens. Arrivé en ville, il nous envoie dans un parc d’automobiles, situé auprès de la douane. Il propose une voiture Toyota 4X4 dernière version à Lama Sidibé, une Rav4 à Abdoulaye Keïta et une BMW 4X4 pour le troisième. Il demande au gérant du parc de les faire sortir. Ce dernier a répondu que dans ce parc, le règlement intérieur n’autorise pas la sortie d’un véhicule sans le versement intégral de l’argent. C’est ainsi qu’il nous a conduit à la Société Générale des Banques en Guinée, sise dans l’enceinte de la cité chemin de fer à Kaloum. Là aussi, il nous a fait entrer, puis il me demande d’aller au marché pour acheter des gros sacs car, hormis les devises,  il va décaisser aussi 700 millions de francs guinéens. Et, finalement, on a compris que c’est du faux, il cherchait à nous éparpiller pour s’enfuir. Il n’a pas de compte bancaire », a soutenu la victime.

Après  toutes ces explications, la partie civile, par la voix de son avocat, a soutenu que ce prévenu est un « puissant escroc qui n’a  pas peur, qui ne craint rien et qui n’a aucune adresse ». Après une longue démonstration de la mauvaise foi du prévenu, elle a demandé 7 200 000 francs guinéens à titre principal et 10 millions de dommages et intérêts.

Dans ses réquisitions, le procureur a demandé au tribunal de le condamner à 5 ans d’emprisonnement et à 200 000 francs guinéens d’amende.

Quant à la défense, elle a plaidé non coupable et demande la relaxe pure et simple de son client. C’est ainsi que la délibération est renvoyé au jeudi 22 septembre 2016.

Nous y reviendrons !

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél.: 664 413 227/654 416 922

 

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