Mr. Ibrahima Dubréka

Mr. Ibrahima Dubréka, ingénieur 

Le mercredi 3 décembre 2014, très tôt le matin, Sana BANGOURA surprend dans son jardin situé dans un bas-  fonds à Déhkabéya un bœuf entrain de brouter tout sur son passage. Il le poursuit, il s’échappe et disparaît.

Sana, furieux et très en colère, déduit sur place que le bœuf appartiendrait à son cousin Amadou Oury DIALLO alias Téla, éleveur de son état.  Les deux sont liés par le côté maternel. Pour plus de précision, les deux (Déhkabéya et Boussoura) villages sont régis par les liens de mariage entre Soussous et Peulhs depuis belle lurette. Ils sont proches voisins, musulmans pratiquants ayant fondé ensemble en 1920 la grande mosquée de Garandji dont j’ai parlé dans un autre article ( lien : http://guineematin.com/2014/09/06/la-grande-mosquee-de-garandji-un-des-nombreux-signes-dentente-et-de-paix-entre-le-fouta-et-la-basse-guinee/).

Sana, muni d’un coupe-coupe et accompagné d’un jeune garçon se rend à Boussoura, village voisin de Dékhabèya où réside Amadou Oury DIALLO. Là, comme un malade mental, il profère des menaces et injures à l’encontre de son cousin. Arrivé à destination, il se jeta sur sa victime et tentât de l’étrangler. Les interventions fusent de toutes parts pour séparer les deux bagarreurs. Constatant sa défaite, Sana Bangoura, l’agresseur, retourne dans son village à Dékhabeya pour faire une alerte mensongère.

A l’issu de cette annonce, plusieurs villageois de Dékhabéya détenteurs d’armes blanches et d’un fusil de chasse débarquent à Boussoura pour attaquer de nouveau les habitants de la localité. Déterminés et unis comme un seul homme, les Boussourakas repoussent les agresseurs qui ont pris la fuite abandonnant tout derrière eux. Entre temps, le district de Missidé s’en mêle pour baisser les tensions des uns et des autres. Il fait appel à la force de sécurité de Bady qui, sans tarder arrive à Boussoura pour mettre fin à l’austérité. A la sous-préfecture les deux parties ont été entendues.

L’autorité compétente de Bady, après avoir fini d’écouter les deux belligérants, a situé chacun dans sa responsabilité dans cette  affaire. Elle a enfin prodigué de sages conseils aux intéressés au nom de l’unité des guinéens dans la paix du cœur, gage de tout développement national. Finalement, un montant (150000GNF) représentant une caution de garantie pour libérer les agresseurs du giron de la police a été versé par la victime Amadou Oury DIALLO.

Ce geste patriotique a été salutaire et prouve à éloquence que les liens de parenté sont sacrés. Je profite de cette occasion pour lancer un appel patriotique à l’Etat à fin qu’il se penche sérieusement sur la bonne co-habitation entre éleveurs et agriculteurs. Ce sont deux entités qui sont condamnées à vivre en symbiose pour le bonheur de tous. Aucune d’entre elles ne peut exister valablement sans l’autre pour la simple raison que l’éleveur, de par son bétail, (sans commentaire) apporte des besoins nutritionnels à l’homme et l’agriculteur produit (sans faire le moindre détail) à l’aide du sol fertilisé parfois par l’éleveur le complément des mêmes besoins à l’être humain . C’est un circuit important et fermé.

Pour créer par  exemple cette franche et durable co-habitation entre éleveurs et agriculteurs, il faudrait à mon avis commencer par faire voter une loi par l’assemblée nationale qui  divise l’année en deux périodes de six mois chacune. De janvier à juin, donner une plus large liberté à l’éleveur pour  faire paître son bétail. L’agriculteur pendant ce temps sécurise son jardin dans les bas-fonds  parce que tout le problème se situe à ce niveau précis. Ensuite de juillet à décembre, l’éleveur à son tour rassemble son bétail dans les enclos et renforce les techniques de surveillance des animaux pour leur maîtrise.

Je pense sérieusement, avec cette loi, les problèmes entre éleveurs et agriculteurs seront très moindres. En  tous cas, c’est une proposition qu’on pourrait expérimenter si nous voulons arriver à  une paix durable entre éleveurs et agriculteurs pour le bonheur de tous.

Ingénieur Ibrahima Dubréka

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