Conducteurs de motos taxis et agents de la police routière ne font pas souvent bon ménage. Au marché d’ENTA, dans la commune de Matoto, une altercation a opposé les deux camps il y a de cela quelques semaines. Il s’en est suivi une bataille rangée. Le commandant Fanta Kéita, blessée lors de la bagarre, a porté plainte contre trois taxi-motards dont le procès s’est ouvert ce jeudi 21 juin 2018 au Tribunal de Première Instance de Mafanco, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Les faits se sont produits le 31 mai dernier au carrefour ENTA. L’occupation du carré réservé aux conducteurs de taxi-motos est la cause fondamentale de la bagarre. Trois jeunes gens, âgés d’une vingtaine d’années, sont poursuivis pour outrage à agent dans l’exercice des ses fonctions, coups et blessures volontaires. Il s’agit de Thierno Bah (20 ans), Allamine Baldé (26 ans) et Alexis Mara (21 ans), mis aux arrêts le même jour, sur les lieux de la bagarre.

Appelé à la barre, le nommé Allamine Baldé a dit que c’est en voulant calmer  ses collègues qu’il a eu des problèmes. « Ce jour là, je me rendais à Madina. J’ai quitté la T6 pour venir à ENTA. J’ai trouvé un embouteillage et un attroupement. Quand j’ai compris que c’était entre les taxi-motards et les policiers, je suis descendu de ma moto  pour sensibiliser. Ensuite, les gens ont fui. Quelqu’un m’a heurté et moi j’ai trébuché pour tomber sur la policière. Je ne l’ai pas frappé », s’est-il défendu.

Même son de cloche chez Thierno Bah, qui dit avoir été arrêté alors qu’il n’était qu’à quelques pas des les lieux. Alexis Mara, se disant étudiant à l’Université de Sonfonia, s’est présenté comme une victime collatérale, car n’ayant aucun rapport avec les taxi-motards. « Je me suis retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment », s’est-il contenté de dire.

Par contre, le commandant Fanta Kéita, âgée de 48 ans, va charger les prévenus. « J’étais à Sangoyah quand un agent m’a appelé pour me dire que les conducteurs de mototaxis ont débordé du lieu que nous leur avons indiqué. Je suis venu pour les convaincre de céder le passage. Mais, au lieu de m’écouter, ils  sont venus cadenasser leurs motos pour se jeter sur les policiers. J’ai regardé la scène pour pouvoir bien les identifier. Le nommé Allamine Baldé que vous voyez là, il a contourné la foule pour venir prendre le casque de ma moto de service. Dès que j’ai tourné la  tête,  il m’a sonné avec le casque, le sang est sorti du nez. Je l’ai aussitôt attrapé et nous sommes tombés par terre. C’est là que les agents de la CMIS  (Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité) sont venus le prendre. Pendant la bagarre, ils étaient une dizaine », a relaté la policière.

Dans ses plaidoiries, l’avocat de la partie civile, maitre Abou Camara, a fustigé le comportement des taxi-motards de Conakry, « une bande organisée qui dicte sa loi dans la circulation. Nous vous prions monsieur le président de sévir contre cette insurrection des mototaxis qui n’hésitent pas à prendre à partie aussi bien des citoyens que des agents de la sécurité routière. Nous de la partie civile, nous réclamons 70 millions de francs guinéens pour les soins de notre cliente ».

Pour sa part, le procureur Lansana Cissé a rappelé les faits avant d’évoquer « le rapport médicolégal versé dans le dossier de la procédure. Tous les trois prévenus ici présents se sont retrouvés au même endroit, au même moment. Vous les retiendrez dans les liens de la culpabilité des faits pour lesquels ils sont poursuivis. En application des articles 239, 240 et 658 du Code Pénal, vous les condamnerez à 18 mois de prison et à une amende d’un million de francs guinéens. Vous recevrez madame Fanta Kéita dans sa constitution de partie civile ».

Le juge Ibrahima Sory 2 Tounkara a renvoyé le dossier au lundi 25 juin 2018 pour décision être rendue. Les trois compagnons d’infortune sont repartis à la maison centrale où ils séjournent depuis le 1er juin dernier.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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