fournitures-scolairesA moins d’une semaine de l’ouverture scolaire 2016-2017 en Guinée, le marché central de Boké n’a pas connu l’engouement habituel des parents d’élèves pour l’achat des fournitures scolaires, a-t-on constaté sur place ce mercredi 28 septembre 2016.

Dans l’après-midi de ce mercredi 28 septembre 2016, le correspondant local de Guineematin.com a fait un tour au marché central de Boké où il a recueilli les propos de quelques marchands de fournitures scolaires et des parents d’élèves. Mutuellement, les deux camps se plaignent de la rareté de la clientèle pour les uns et la cherté des prix chez les autres. Beaucoup des chefs de familles rencontrés ont déclaré être dans l’incapacité de d’acheter la tenue scolaire et le sac pour leurs enfants par faute de moyens. De leur côté, les commerçants reconnaissent que la conjoncture est très dure, mais il y a plus de quémandeurs que d’acheteurs actuellement.

Guineematin.com vous propose ci-dessous les propos de quelques acteurs concernés par la problématique :

Amadou Djogo Diallo est marchand de fournitures scolaires au marché central de Boké : « cette année, vraiment il n’y a pas de marché. L’année dernière la clientèle était beaucoup plus affluente que ça. Pourtant les prix n’ont pas grimpé mais, je pense que c’est la conjoncture qui est trop dure pour la population. Les gens passent demander les prix et passer, ils n’achètent pas. Et si ça continue comme ça, nous risquons beaucoup de perte ».

Amadou Oury Diallo est aussi un vendeur de sac d’écoliers et divers : « cette année, c’est du jamais vécu. Les gens viennent mais n’achètent pas. Si tu vois l’attroupement tu vas croire que ça marche, mais ce qui se passe est pitoyable. Dès que tu dis un prix à quelqu’un, il se met à discuter et te propose même un prix tellement bas que tu perd l’espoir. D’ailleurs, beaucoup demandent à ce qu’on leur donne les fournitures à crédit mais là aussi il y’a des malhonnêtes qui, dès qu’ils prennent se cachent de nous et ne passent plus par là. Actuellement, la pauvreté bât son plein, les gens souffrent énormément. Notre inquiétude maintenant c’est comment restituer nos fournisseurs chez lesquels nous prenons et revendons pour avoir un bénéfice ».

Aissata Diassy est une veuve, parent d’élèves, trouvée devant sa petite table de poissons fumés, exprime sa situation lamentable : « moi cette année je ne me fatigue même pas, parce que devant l’impossible nul n’est ténu. Ce qui me préoccupe c’est comment trouver quelques cahiers et bics pour mes trois enfants ; mais le problème de tenue et sacs dépassent mes capacités. Tout est chère au marché. J’ai dit à mes enfants de rechercher les anciennes tenues et sacs et les laver. Je ne peux pas plus, je suis seule, j’ai perdu mon mari il y a quatre ans. Donc je ne vais pas me créer des soucis en rentrant dans des dettes que je serai incapable de payer et on me met en prison. Si l’État ne nous vient pas au secours, c’est pas bon », s’est-elle apitoyée.

Salimatou Barry, est une autre mère de cinq élèves, résidente au quartier Dibia : « j’ai cinq enfants qui étudient dans différentes écoles et à différents niveaux. Mais je n’ai pas de moyens et les commerçants sont trop difficiles ; rares sont ceux qui acceptent de nous accorder la moindre faveur en nous abaissant les prix ou nous donner les fournitures à crédit ».

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

 

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