Devenue une activité génératrice de revenue très convoitée en Guinée, notamment dans la préfecture de Boké, la filière d’anacarde a connu une dégringolade sans précédent en cette saison 2018. Contrairement aux années précédentes (pendant lesquelles les producteurs et les collecteurs combinaient pour gagner beaucoup d’intérêt), le prix du kilogramme est allé de chute en chute cette année.

Depuis l’ouverture de la campagne d’achat de cajou 2018, le kilogramme a été acheté à divers prix, variant entre 13 000 et 7 000 GNF chez les producteurs. Et, à ce jour, les très rares demandeurs prennent le kilogramme à 4 000 francs guinéens, voire moins, a appris Guineematin.com des producteurs locaux.

C’est pourquoi, l’Union locale des producteurs d’anacarde de Boké (UPAD) a jugé nécessaire d’organiser une assemblée générale, réunissant tous les acteurs de la filière acajou ce jeudi, 19 juillet 2018, dans la salle de conférence de la préfecture de Boké. L’objectif est de faire une concertation en vue de trouver ensemble une piste de solution face à cette crise qui pénalise aujourd’hui plusieurs familles.

La cérémonie de lancement de l’Assemblée a été présidée par le Préfet de Boké, Aboubacar M’Bop Camara qui, avant de proposer des alternatives de sortie de crise, a ténu à sensibiliser les acteurs. « La crise que nous vivons aujourd’hui est internationale. Elle n’est pas que guinéenne. Donc, arrêtons de nous accuser les uns des autres. Nous sommes tous responsables de ce qui nous est arrivé. Alors, le plus important, c’est de créer un cadre de concertation comme vous le faites aujourd’hui, échanger pour trouver une résolution dont vous donnerez un exemplaire au préfet que je suis. Et, moi aussi, mon rôle sera de remonter à la hiérarchie et même le défendre. Un exemplaire au vice-président de la chambre nationale d’agriculture qui est votre représentant et qui, à son tour, mènera des démarche dans son institution, ainsi qu’au niveau des ministères de l’agriculture et du commerce. Avec une bonne compréhension, le gouvernement peut acheter toute notre production au prix plancher fixé à 7 000 GNF pour soulager les producteurs. C’est l’une des possibles solutions ! Mais, tout dépendra de la résolution que vous adopterez ici », a lancé le Préfet de Boké.

Dans son discours de la circonstance, le président des producteurs d’anacarde à Boké, Elhadj Bayo Guirassy a décliné le but principal de la rencontre, qui consiste à sensibiliser les producteurs pour une prise de résolution commune, avant de plaider pour la construction des magasins de stockage et l’obtention des emballages adéquats, le renforcement des capacités financières des producteurs qui ont beaucoup perdu cette année. Il a également dénoncé les feux de brousse qui ravagent des plantations d’anacarde « sous la négligence des agents forestiers ».

Pour sa part, le vice-président de la chambre nationale d’agriculture, Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba a rappelé que la fédération nationale des producteurs d’anacarde a déjà adressé un mémorandum au gouvernement pour lui demander de les assister à faire écouler leur production ou à défaut leur construire des magasins de stockage et les aider à trouver des emballages adéquats.

Au terme de l’Assemblée générale, les acteurs ont convenu de faire un nouveau plaidoyer auprès du gouvernement, voire le chef de l’État, à travers un mémorandum dans lequel ils vont étaler toutes leurs difficultés et les besoins dont le plus brûlant est la subvention de toute la production par le gouvernement au prix minimal de sept mille francs guinéens le kilogramme.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Facebook Comments

Guineematin