Croix rouge, télimélé« Depuis 9 heures, nous avons appelé les autorités pour annoncer le décès du vice-président de la croix rouge. On nous a dit de ne pas toucher ou même s’approcher du corps. Mais, personne ne vient ! Nous sommes là avec les sages, les femmes, sa famille… », disait, à 14 heures 40′, au téléphone de Guineematin.com, Ousmane DEING, voisin de la famille du défunt. 

Le plus préoccupant, c’est que beaucoup de personnes ne croient pas que le défunt soit victime d’Ebola. Ce qui pousse certains vieux à vouloir prendre en charge le corps pour minimiser le choc de la famille à l’absence de la croix rouge…

Selon nos informations, le doyen (environ 69 ans) a été l’un de ceux qui ont géré les premiers malades de Bheygol (sous préfecture de Sarékaly) en début de ce mois. « Au début des transferts de malades, la protection n’était pas parfaite. C’est à ce moment-là qu’il a dû être contaminé », explique au téléphone de Guineematin.com un médecin, ajoutant que le vice-président de la croix rouge n’a pas du tout accepté d’être transféré à Conakry. « Il avait préféré s’isoler chez lui », dit la source médicale contactée par Guineematin.com

Vaincue en moins de deux mois entre mai et juin de cette année, grâce aux efforts conjugués des médecins locaux, partenaires étrangers et citoyens (ressortissants et résidents), la maladie à virus Ebola a refait surface à Télimélé depuis le début de ce mois. Et, comme la première fois, les populations, les médecins, les autorités locales et les ressortissants sont mobilisés à travers la Coordination internationale pour le développement de Télimélé (CIDT) partout pour sensibiliser par téléphone et autres afin de freiner la chaîne de contamination dans la préfecture.

Malheureusement, non seulement les contacts continuent d’aller mourir et container d’autres dans les villages (Bheygol et Sinta, notamment), mais surtout l’accompagnement de l’Etat fait énormément défaut.

La coordination nationale de lutte contre Ebola et les ressortissants de Télimélé

Après avoir pris en charge l’évacuation sanitaire des premiers malades, les premiers responsables du comité local de riposte contre Ebola constitué par les ressortissants sont allés plaider auprès de la coordination nationale de riposte.

A cette occasion, Dr. Sakoba Kéita avait admiré la solidarité des ressortissants qui agissent ensemble, précisant que dans d’autres préfectures, la coordination est souvent saisie par trois à cinq structures pour le même objectif avec des montants faramineux. Le fait que les ressortissants de Télimélé agissent ensemble et se coordonnent (via la CIDT) de Conakry à toutes les autres capitales du monde semblait réjouir le coordinateur national de lutte contre Ebola.

En tous les cas, Dr. Sakoba avait rassuré que sa structure jouerait désormais pleinement son rôle ! « La première fois qu’il y a eu Ebola à Télimélé, on n’avait pas de moyens, c’est pour cela qu’on ne vous avait pas appuyé. Cette fois, nous avons des moyens. Donc, nous allons vous appuyer… », s’était engagé le coordonnateur national de lutte contre Ebola. Sur les annonces immédiates, Sakoba Kéita avait parlé de deux véhicules et une ambulance pour le district sanitaire de Télimélé. Puis, deux autres véhicules, des motos, des kits de protection, etc. pour des missions de sensibilisation que les ressortissants avaient souhaité envoyer dans les différentes sous-préfectures de Télimélé.

Or, à part les deux véhicules de la santé, arrivés la semaine passée, ni l’ambulance de l’hôpital préfectoral, ni aucun appui pour les missions de sensibilisation. Pis, les ressortissants qui ont perdu plus de deux semaines à attendre la matérialisation de cette promesse du Dr. Sakoba Kéita qui leur semblait sincère, ont déjà déboursé plusieurs millions pour le transport (Télimélé- Conakry) des malades suspectés d’Ebola, alors que des montants sont alloués précisément à cela par des grilles de la comptabilité de la coordination…

Nouhou Baldé

 

 

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